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Ouïghours : Relations de l’UCL avec le gouvernement chinois.

Quel lien entre les bâtiments qui voient le jour à Louvain-La-Neuve, et la répression qu’exerce un état autoritaire à près de 10 000 km d’ici ? Le CBTC, bien sûr ! Le CBQuoi ? Depuis quelques mois, vous pouvez voir fleurir des immeubles le long de la N4, juste à la sortie sudest de Louvain-La-Neuve. Derrière ces tours se cachent quatre lettres : CBTC pour le China Belgium Technology Center.

En 2015, Philippe Barras, aka un ancien représentant de l’UCLouvain, expliquait que ce projet a pour objectif de «développer en commun et promouvoir les technologies belges les plus adaptées au marché chinois, de même que les technologies chinoises les mieux adaptées au marché européen».

À 10 000 km d’ici, un état dictatorial, la Chine, réprime systématiquement toute opposition, a recours à la torture et possède un système judiciaire inéquitable selon le dernier rapport d’Amnesty sur ce pays. Certaines minorités tristement connues comme les Ouïghours ou les Kazakhs en ont fait particulièrement les frais ces dernières années.

C’est pourquoi l’AGL s’est de longue date opposée à la venue de l’état chinois dans notre Alma Mater. Notons pourtant qu’en décembre 2013, une convention UCLouvain-Juxing a été signée. Celle-ci prévoyant que Juxing va investir 1 million d’euros dans la rénovation du nouveau Musée L. Nous le constatons, notre université, par les accords commerciaux wallons, se retrouve en étroite collaboration avec des partenaires chinois.

Il est certain que si l’UCLouvain arrêtait soudainement de mettre à profit sa richesse urbanistique pour permettre à des états dictatoriaux de se développer, cela ne changerait pas le cours des conflits en Chine. De même, lorsqu’il s’agit de multinationales peu éthiques (coucou l’Esplanade) et donc de l’exploitation textile dans le monde. Néanmoins, si même une Université, lieu dans lequel se rencontrent les plus éminent·e·s intellectuel·le·s, ne peut profiter des terres qu’elle a pour construire un monde plus juste, plus solidaire et plus durable. Cher·e·s camarades, on n’est pas dans la merde…

Espérons que l’université, pour le nouveau quartier qu’elle est en train de créer (aka le quartier Athéna), aura l’audace de rêver et se donnera les moyens de réaliser ses rêves. Espérons que l’université, consciente de sa responsabilité vis-à-vis de la société, saura s’inscrire dans un projet démocratique, écologique et solidaire !

   

Faire univers-cité

Faire univers-cité. C’était le slogan de la dernière grande cérémonie annuelle des DHC à l’université. Faire univers-cité, faire cité, faire la ville, faire le vivre ensemble. Faire la prétention en tant qu’université d’être un lieu qui n’a pas vocation à vivre que pour lui-même. Faire université, c’est croire que notre action, de par la richesse intellectuelle que l’on cultive, a un impact sur le reste de la cité et a vocation à la transformer. 

Nous en sommes convaincu·e·s, face aux défis sociaux et écologiques qui nous attendent, l’université occupe une place centrale dans la création du «monde de demain». Tout d’abord, de par la façon dont elle forme ses étudiant·e·s et de par l’accessibilité au savoir.

Aujourd’hui, l’université possède les leviers pour décider à qui ses formations sont accessibles, que ce soit en interdisant le port du voile ou en arrêtant de se préoccuper des difficultés financières et des barrières socio-culturelles d’une partie de la population étudiante. 

Par ailleurs, l’université dans sa gestion doit pouvoir donner l’exemple pour le reste de la société, que ce soit en isolant les kots ou en promouvant une mobilité plus durable pour ses membres. Ces volontés politiques ont un impact sur le reste de la société. Enfin, l’UCLouvain possède un dernier levier qui est propre à son histoire. En effet, en arrivant à Louvain-La-Neuve dans les années 70, l’université a reçu toute une série de terrains, elle a donc un pouvoir gigantesque sur le développement urbain de la ville.

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