Le décret Marcourt

L’hiver a été chaud pour Jean-Claude Marcourt, le ministre socialiste de l’Enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles ! L’un de ses grands projets, qui mûrissait déjà depuis quelques mois dans les cabinets ministériels, a abouti au mois de janvier sur un accord politique, après avoir rencontré quelques écueils en cours de route. Une grande réorganisation de l’enseignement supérieur – universités, hautes écoles et écoles supérieures des arts – y est prévue.

Le nouveau projet porté par le ministre Marcourt propose d’encourager les universités et les hautes écoles à collaborer sur base géographique au sein de pôles, notamment pour la création de nouvelles formations. De plus, une Académie d’Enseignement Supérieur et de Recherche (ARES) devrait chapeauter le tout et assurer la coordination entre les établissements.

Ce changement de philosophie a notamment provoqué des levées de boucliers de la part de l’UCL et de plusieurs hautes écoles du réseau catholique. L’UCL étant présente sur cinq sites, et ayant des collaborations avec de nombreuses hautes écoles bruxelloises et montoises, elle était celle qui avait le plus à y perdre de la nouvelle organisation.

Finalement, les tractations ont abouti sur une réforme allégée : les universités et hautes écoles devront collaborer en pôles uniquement pour organiser des services logistiques aux étudiants (logements, sports, restaurants universitaires…). Des « inter-pôles » ont été ajoutés pour permettre aux établissements plus éloignés géographiquement de continuer à collaborer, mais leurs compétences sont très floues…

Et l’étudiant dans tout ça ? Il est beaucoup plus concerné par la seconde partie de la réforme – critiquée par les associations étudiantes comme l’AGL et la FEF. Beaucoup moins médiatisée, elle contient notamment la suppression de la réussite à 48 crédits (« épreuve modifiée »), l’abaissement de la réussite de l’année à 10/20 et non plus à 12/20, l’introduction d’un test d’entrée dans toutes les études de santé, la suppression d’une partie des masters 60, la possibilité d’anticiper plus de cours pour les bisseurs…

Face à cette réforme, l’AGL et la FEF disent clairement « Marcourt peut mieux faire ». Le (re)financement de l’enseignement n’est absolument pas prévu dans le décret alors que les moyens manquent un peu plus chaque jour.

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