Discours de rentrée du Président de l'AGL

Ensemble en 2010, nous a-t-on dit… Pourtant, le manque de concertation, le manque de vision… ont mené au report de la fusion. Ensemble en 2011 voudrait-on nous dire…

Excellences,
Messieurs les Recteurs,
Chères étudiantes, chers étudiants,
Mesdames et Messieurs, Beste vrienden,

Face aux beaux slogans de notre institution, les étudiants n’attendent plus et se sont mobilisés, se sont prononcés pour tous ensemble en 2010-2011, tous ensemble pour une université animée, démocratique, écologique et sociale. Ils n’étaient pas moins de 160 à se porter candidats aux dernières élections étudiantes, évènement qui a remis la cause étudiante au centre de notre institution. En effet, nul ne pourra ignorer le message fort, plein d’engagement et de responsabilité que les 7000 électeurs ont envoyé à notre communauté universitaire. Ces élections auront été marquées par une mobilisation historique qui, d’ailleurs, double celle de l’élection de notre propre recteur. Il n’en fallait pas plus pour donner confiance aux représentants étudiants, pour renforcer leur légitimité à l’heure où notre université s’apprête à vivre un tournant de son histoire.

En effet, les mois à venir vont voir l’UCL se transformer, se transfigurer. L’institutionnel a dès lors rempli les pages des agendas pourtant déjà bien fournis. C’est pourquoi, dès aujourd’hui, il est temps de développer une vision commune ou de s’arrêter mais notre université ne peut plus être paralysée. Il nous faut nous concentrer sur les thématiques chères aux étudiants, bien connues de tous. Nous allons continuer, et avec détermination, à agir pour défendre un enseignement de qualité qui soit accessible à tous. Qualité et accessibilité, sont donc deux maîtres mots qui caractérisent la priorité que recherche tout étudiant, une formation émancipatrice.
A ce propos, l’augmentation constante d’étudiants inscrits à l’université est un signe positif, encore faut-il que ces inscrits deviennent des diplômés. L’enseignement supérieur ne survivra pas sans un refinancement qui doit permettre de renforcer l’encadrement là où il est indispensable. La problématique en première Médecine exige des moyens financiers supplémentaires. Il est plus que temps que le Gouvernement de la Communauté Française comprenne cela et, pour reprendre une formule chère aux politiques en ces temps troublés, « prenne ses responsabilités ». Cette enveloppe fermée que se partagent les universités francophones doit être augmentée, sans quoi la qualité de notre enseignement risque de se dégrader.
Je préciserai que si l’enseignement et les affaires sociales seront suivies avec attention et volontarisme, le développement durable sera suivi tout autant. La création du Conseil du Service à la Société est une initiative que nous saluons. Vous pouvez compter sur les étudiants pour continuer à s’investir afin que les actes suivent les paroles, pour que le développement durable ne soit pas uniquement un concept mais devienne une réalité.

Mobilisation historique aux dernières élections, disais-je, c’est que les étudiants ont compris l’importance des enjeux institutionnels qui se joueront prochainement. Cette fusion inquiète car du point de vue étudiant, la plus-value n’est pour l’instant que peu perceptible. Que du contraire, la mobilité forcée, l’éloignement du professeur vis-à-vis de son auditoire plus nombreux, la rationalisation de certains cursus, les pertes de spécificités de chacun des sites… sont autant de craintes auxquelles le Groupe stratégique ne répond pas.

Qu’il est regrettable le schéma actuel de mise en place de la fusion. Tout se décide loin de la base, loin du terrain, loin de ceux à qui appartient l’université, dans un petit groupe fermé qu’on appelle Groupe stratégique. Petit cercle où les ambitions individuelles sont parfois perçues comme prépondérantes sur l’enjeu commun de cette fusion. Qu’il serait souhaitable que ce groupe s’ouvre un minimum à des individus moins mêlés aux jeux de pouvoirs. Tout ce qu’on nous demande, c’est de réagir. Tout ce que nous demandons, c’est de construire ensemble une vision à long terme.

Un message fort, plein d’engagement et de responsabilité, disais-je. C’est que l’AGL souhaite être un partenaire essentiel pour le développement de notre institution, pour que notre université remplisse les trois missions qui lui sont chères. L’AGL n’a donc pas pour volonté d’être un contre-pouvoir au conseil rectoral, une opposition qui aurait pour seules missions de contrôler, réagir et critiquer. L’année qui s’ouvre est aussi celle qui mettra fin aux a priori. L’AGL n’est pas un mouvement de syndicalistes gauchistes : car se positionner sur le terrain politique, c’est accepter de ne représenter qu’une fraction d’électeurs alors que l’AGL représente ses 23000 étudiants, car se présenter comme de simples syndicalistes, c’est accepter une vision d’entreprise pour notre université, vision qui a toujours été rejetée par les étudiants et qui malgré tout, transparaît de plus en plus dans le projet de la prochaine UCLouvain.

L’année qui s’ouvre sera aussi l’occasion de mettre en pratique tous les beaux principes mis en avant par notre institution. Penser autrement, tel est le thème de nos Docteurs Honoris Causa pour 2011… Penser autrement, penser les étudiants autrement. Changer son regard, ne plus les considérer comme des consommateurs mais des acteurs de cette institution. La dynamique est bien présente. La création du conseil de l’Animation et le développement de l’Assemblée Générale de Woluwe en témoignent. Les étudiants ne sont pas de simples clients de l’encadrement dont ils profitent mais des personnes engagées qui souhaitent participer à la gestion de leur université. N’est-ce pas aussi les kots-à-projets, les cercles et régionales qui, d’ailleurs, contribuent à la renommée internationale de l’UCL ? C’est l’engagement des étudiants louvanistes qui est une fierté de notre institution.

Une manière de préparer les Docteurs Honoris Causa de 2011 serait de mettre en pratique ceux de 2010 dont le thème était l’opportunité d’innover. La fusion est l’occasion de revoir en profondeur le fonctionnement de notre institution, d’oser le changement et l’innovation. Dès lors, plutôt que de chercher l’inspiration auprès de personnalités extérieures, pourquoi ne pas s’inspirer de nos confrères de la KULeuven, université soeur de l’UCL ? Ils ont un bel exemple de démocratie : le président de la Loko, pendant néerlandophone de l’AGL, est membre du conseil rectoral. Dès lors, ne serait-il pas opportun d’ouvrir le conseil rectoral à un, voire deux étudiants et de bétonner cette ouverture dans les projets de la fusion ?
Les derniers évènements vécus par notre institution ont montré que les étudiants avaient une clairvoyance qui, par manque de recul, échappe parfois à nos autorités. Dès lors, il est indispensable d’ouvrir le débat, d’impliquer davantage les étudiants dans le processus décisionnel de notre institution.

En conclusion, comme relayé récemment dans la presse, « Notre volonté est de mettre en place un véritable dialogue avec les autorités. Mais si on ne nous écoute pas, nous ferons tout pour nous faire entendre… » Entendre les étudiants et pas simplement les écouter, l’an passé, l’AGL en exprimait encore le souhait. Cette année, c’est un conseil. Et si au niveau fédéral, le doute s’installe parmi les hommes politiques, sachez qu’au niveau universitaire, les étudiants sont convaincus que l’union fera toujours la force!

Bonne rentrée académique à toutes et à tous!

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