Focus : M'sieur, j'ai pas fait mes devoirs…

Un samedi de janvier, Gérard Studieux claque la porte de son kot vers 8h30, syllabus sous le bras. L’objectif ? Aller étudier au calme. Vers 9h, il passe le tourniquet de la bibliothèque et se met à travailler. Vers 17h45, une voix off tout à fait avenante lui signifie aimablement qu’il est prié de ranger ses affaires. Gérard, plein de bonnes résolutions, se dirige alors vers la Bibliothèque Générale des Sciences Humaines dans l’espoir de prolonger un peu son étude.

Il arrive sur place, passe le tourniquet et là…c’est le drame ! La seule place libre est entre un étudiant qui ronfle doucement et une étudiante en droit qui resserre poliment son code, son syllabus, ses notes et ses fluos pour faire mine de dégager 10cm de banc supplémentaires en face de la chaise libre…

Gérard renonce et cède plutôt à l’oppression de ses amis. Il va boire un verre à la Galoute où il apprend que le prof de l’exam de lundi, il est vache, et qu’il faut vraiment bien connaître. C’est décidé, demain, il étudie au finish !

Seulement voilà : le lendemain, les bibliothèques seront fermées, et tous les étudiants se seront rassemblés dans les quelques locaux de blocus mis à leur disposition. Et d’ailleurs, si Gérard a quand même le courage d’essayer de se concentrer toute la journée dans une petite classe aussi remplie, le soir, fini ou pas fini, il sera prié de rentrer à son kot.

Vous l’aurez compris, il y a, au niveau des locaux de blocus mis à disposition des étudiants sur le site de Louvain-la-Neuve, un sérieux problème de place.

Pourquoi Gérard n’étudie-t-il pas chez lui ?

Parfois, le blocus correspond à une période de congés scolaires et il n’est pas toujours possible d’imposer à toute une fratrie de respecter le calme 24h/24 parce qu’une personne étudie. Parfois, on habite simplement trop loin pour pouvoir rentrer entre deux exams. Certains ont simplement besoin de travailler dans une ambiance différente de celle dans laquelle ils souhaitent se détendre à midi ou le soir. D’autres espèrent pouvoir profiter d’un effet de groupe, être entourés d’autres gens qui travaillent.

Pourquoi ces problèmes se posent-ils ?

Parce que l’UCL refuse de laisser ouverts à la seule fréquentation des étudiants, des bâtiments qui comprennent des bureaux. Mais qu’en est-il du Doyen, du Montesquieu, des auditoires des Sciences ? Bien sûr, le confort n’est pas le même que dans des locaux avec des bancs. Mais si on élargit à ce point l’espace, on peut disposer de trois ou quatre tablettes chacun ! En plus de ça, des études très sérieuses de psychologie sociale démontrent que des informations apprises dans un certain contexte se restituent mieux dans un contexte identique.

Que peut faire Gérard ?

Plusieurs solutions s’offrent à lui : endormir sa famille pour six semaines, et ce, deux fois par an ; redécorer entièrement son kot chaque matin et chaque soir pour pouvoir s’assurer une ambiance d’étude et une ambiance de détente ; se résigner à étudier sur les genoux d’autres étudiants travailleurs ; s’inscrire dans un groupe d’action à l’AGL qui, pendant le deuxième quadri, essaiera de trouver une solution concrète à ce manque de place pour l’étude !

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