Focus : Premier blocus…

La vie d’un étudiant est rythmée de premières fois : 1ère BAC, 1ères dents de sagesse, 1er kot, 1ère cuisson de viande, 1ères 24 h… Mais s’il en est une mémorable, c’est sans doute le 1er blocus ! Alors, conte-moi ton 1er blocus, je te dirai qui tu es… ou pas.

 

Après avoir pris tes 1ères marques à l’Univ’, tu commences en effet à te préparer à ce que nous, les Belges, nous dénommons « le blocus ». Eh oui, horreur : Noël, c’est fini pour toi pendant au moins 3 ans ! Et tu te demandes alors : comment emmagasiner, lire et étudier autant de pages, de dessins, d’exercices, de croquis, en 2 semaines top chrono, pendant une des périodes les plus festives de l’année où « les autres » (mais, heureusement, pas tous) s’amusent ? Comment survivre à l’épreuve ?

 

Cependant, tu fais peut-être partie de ceux qui ont « géré » leur quadri et qui arrivent, sans stress (ou presque) au blocus avec des cours en ordre, déjà connus sur le bout des doigts, qu’il suffit de relire quelques fois. Enfin, il ne faut pas trop rêver quand même… Au pire, tu appartiens à ceux qui se sont fait happer par les grasses matinées, par les échéances encore lointaines, par les copains, les copines… Enfin, quoi qu’il se soit passé pendant ton 1er quadri, tu en arrives à ces 2 semaines à gérer par toi-même !

 

Il y a ceux qui en ont fait trop : « J’ai énormément étudié parce que j’étais incapable de sélectionner ce qui était important et que je n’ai ouvert mes cours que beaucoup trop tard. Ca s’est traduit en des journées de travail intense de 12h, presque sans pauses (très mauvaise idée!) ». Ceux qui ont pleuré : «Mon premier blocus… le pire. Flots de larmes incontrôlables et infinis, l’envie de tout laisser tomber mais en fin de compte ça s’est bien passé, j’ai appris à mieux gérer le stress et à adopter une autre organisation ». Ceux qui ont mené la vie dure à leurs parents : « J’en ai fait voir de toutes les couleurs à mes parents à qui je parlais sans cesse de mon stress ! Je leur disais toujours que j’avais peur, que j’allais tout rater… Bref, la grande panique ». Ceux qui ont « procrastiné » : « Je n’avais pas l’habitude d’étudier à l’avance et je me disais « oh demain ça sera toujours assez tôt ». Et puis le jour avant de remonter à Louvain : le stress. « Je suis pas prête, je connais rien, c’est aussi bon de pas les passer ça vaut pas la peine, etc » ».

 

Mais aussi ceux qui ont géré et qui gardent un souvenir pas trop mauvais de l’expérience : « Mon premier blocus ne s’est pas trop mal passé… Il y aurait pu avoir pire! Il faut dire qu’on m’avait fait tellement peur avec ça, qu’on m’en avait tellement parlé comme étant un truc insurmontable; qu’au final ça s’est mieux passé que prévu… J’ai bien su gérer le temps et répartir ma matière… ». « Pour mon premier blocus, je suis partie étudier dans un couvent. C’était un endroit très strict, petite chambre sombre, repas à heure fixe, etc. Je pense que ça m’a bien encadré. J’ai bien bossé, et je me souviens que ça me faisait plaisir de faire des résumés, de me plonger dans mes cours, d’apprendre ». 

 

Le premier blocus, finalement, ça ressemble à un de ces rituels estudiantins initiatiques entourés de mythes, où tu testes tes limites et où tu apprends à mieux te connaître. Ca te fait souvent voir la vie autrement. « Je crois qu’il faut passer par un premier blocus qui reste gravé dans notre petite tête pour avoir un choc électrique, prendre un autre chemin et ne plus faire les mêmes erreurs. » On ne sort jamais tout à fait indemne d’un 1er blocus…

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