La réalité en médecine vétérinaire est véritablement critique. Par ailleurs, le principal facteur limitant est le nombre est la variété des cas cliniques. Que faire ?

C’est en effet la partie la plus difficile du problème. Il convient donc de le comprendre dans ses menus détails. La carence en certains animaux a été constaté dans le rapport (2009) de l’AEEEV qui établit des ratios spécifiques en deçà desquels la faculté doit intervenir.

L’AEEEV estime que de manière générale, “there is a good stock of animals”. Le rapport pointe néanmoins deux carences. Par rapport au nombre d’étudiants au cours de la dernière année complète de formation clinique, le nombre :

  • d’animaux de compagnie (canins, félins, …) disponibles pour la formation clinique serait insuffisant (en 2009, le ratio à la FMV était de 37.71 alors qu’il aurait du être de 54,61 minimum).
  • de lagomorphes (lapins, lièvres, …) disponibles est insuffisant (en 2009, le ratio à la FMV était de 0.52 alors qu’il aurait du être au minimum de 0.64).
  • Pour ce qui est des animaux de production (bovins, ovins, porcs, …), pour les volailles, équidés ou autres animaux, les ratios sont respectés et pour certains, largement.

Ceci, selon donc les standards de qualité de l’AEEEV qui reste un organisme privé.

Enfin, on remarque en analysant les tableaux (notamment entre 2005 et 2008) que, ces dernières années, le nombre de cas cliniques admis est en augmentation constante. Par exemple, le nombre d’équidés hospitalisés à la FMV est passé de 546 en 2005-2006 à 650 en 2007-2008. Le nombre de félins dont le diagnostic a été réalisé la FMV est lui passé de 1223 en 2005-2006 à 1943 en 2007-2008. Par contre, le nombre de canins a lui baissé d’une cinquantaine d’animaux entre 2005 et 2008, après avoir augmenté entre 2005 et 2007 de plus de 350 cas cliniques.

Si ce dernier exemple traduit une baisse effective du nombre de canins, il nous montre également qu’une année n’est pas l’autre et que l’évolution du nombre de cas cliniques dépend d’une quantité de facteurs, dont une partie sont maitrisables. La FMV avait tenté d’expliquer cette évolution croissante du nombre de cas cliniques par :

  • un service à la clientèle généralement bien perçu
  • développement d’un service d’urgence ouvert 24 h/24 et 365 jours/an dans les trois pôles
  • à des efforts importants consentis à la fois par les autorités facultaires et universitaires pour augmenter de manière significative le nombre de cliniciens encadrants.

Les pistes de solution permettant de résorber la carence en animaux de compagnie doivent être approfondies. Si l’idée de construction d’une nouvelle/seconde CVU est dans certains cartons, c’est un investissement de long terme conséquent. A plus court terme, l’on pourrait par exemple penser à des efforts réalisés afin de faciliter le déplacement des vétérinaires, afin de nouer des partenariats plus nombreux et plus larges pour aller traiter les animaux directement dans les établissements, notamment ceux dans les régions connaissant une pénurie de vétérinaire praticiens, etc. Par ailleurs, l’investissement des 24 millions d’euros permettra d’améliorer les conditions d’accueil de tous ces animaux et permettra de créer les infrastructures suffisantes pour les traiter.

Des solutions existent, autres que celle qui consiste à opérer aveuglément une sélection des étudiants. Sans vouloir verser dans l’extrême, que se passera-t-il le jour où, face à une épidémie ou à un nombre important de cas cliniques, la faculté, dans un contexte de pénurie de praticiens pour certains animaux, ne sera plus en mesure d’assurer un service suffisant? C’est tout un service public qui s’en trouverait menacé !

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