Vue extérieure de Louvain-la-Neuve, vie étudiante.

Carte blanche – Enseignement et examens à l’UCLouvain : Nous attendons une décision forte !

La session d’examen a maintenant commencé depuis plus d’une semaine pour les étudiant·e·s. Loin des dernières déclarations de l’UCLouvain, le bilan sur le plan psychologique est inquiétant, malgré l’implication chronophage de la plupart des professeur.e.s pour veiller à ce que cela se passe dans les meilleures conditions. Selon un sondage mené auprès de 4000 étudiant.es, le confinement, les modalités d’évaluation et les désagréments matériels laissent 85% des étudiant.e.s dans un état psychologique préoccupant, voire dans l’incapacité de passer leurs examens.

Crashs techniques, modalités d’évaluation changeantes, mécanismes en tout genre pour éviter la triche font que depuis quelques semaines une étude paisible est devenue impossible. Depuis le début du confinement déjà, se dessinait un enseignement à deux vitesses, tandis que certain·e·s étudiant·e·s pouvaient s’appuyer sur une aisance matérielle et un rythme familial adéquat pour une étude confortable, d’autres se retrouvaient plus que jamais livrés à eux-mêmes sans aide structurelle pour suivre leurs cours et réussir leur session. Aujourd’hui, plus de 30% des étudiant·e·s nous disent être en décrochage scolaire et 75% affirment que le confinement est un obstacle au bon déroulement de leur blocus et surtout de la session. Les étudiant.e.s se disent en perte de motivation et en détresse après 3 mois de confinement. Pour certain·e·s même, la situation entraîne des conséquences sur leur santé.

Ces dernières semaines ont été éprouvantes pour l’ensemble de l’université : pour les étudiant·e·s, pour les professeur.e.s, pour les assistant·e·s et pour le personnel administratif. La crise a considérablement augmenté la charge de travail de tout un chacun et nous sommes infiniment reconnaissant envers l’ensemble des acteur·rice·s qui, pour la plupart, ont eu comme première préoccupation les étudiant·e·s.

Malgré tous ces efforts, la ligne politique, qui a été choisie par les autorités de l’université, rend inévitable le décrochage scolaire de nombreux étudiant.es. Souvent, ce sont les moins privilégié.e.s qui en pâtissent. D’autre part, le choix a été fait de maintenir les examens comme d’habitude. Ainsi, les professeur·e·s se sont vu invité.e.s à utiliser des logiciels de surveillance intrusifs, qui se sont révélés inadaptés. D’ailleurs, 1 étudiant·e sur 2 témoigne avoir reçu des modalités d’examen en retard. Les autorités rectorales ont certes appelés à la bienveillance des professeur·e·s et des jurys, mais cette bienveillance et cette approche individuelle connaissent des limites lorsqu’on les confronte à la réalité des grandes cohortes d’étudiant·e·s. Certains témoignages d’étudiant·e·s sont effarants.

Je suis au bout du rouleau. Après plusieurs mois de confinement, on doit enchaîner avec une session et des examens éprouvants. J’ai bien envie de croire que les profs vont être sympas, mais avec les consignes d’examens qui n’arrêtent pas de changer. J’ai du mal à m’en sortir. Je me demande si je vais me réinscrire à l’université l’an prochain…”.

Cette situation n’est en tout cas pas acceptable pour une session d’examen réussie. Les étudiant·e·s mettent de côté leurs motivations pour la suite du parcours, leur santé et pour certain·e·s l’intégralité de la suite de leurs études. Aucune décision forte n’a été prise pour eux. elles. Allons-nous écarter tous les étudiant·e·s pour qui nous n’avons pas trouvé de solutions ? Seront-ils·elles les perdant·e·s de l’année parce que le système n’a pas pu les prendre en compte ?

Nous en appelons alors à nos professeur·e·s pour nous venir en aide ! Vous avez les cartes en main pour réduire les inégalités criantes de cette session d’examen. Nous avons besoin de vous maintenant mais aussi après… Nous avons besoin que vous croyez en nous. Le résultat est effrayant et les étudiant.e.s ressortent de ce début de session avec un sentiment d’anxiété, de stress, l’impression d’être déboussolé·e·s et de juste ne plus pouvoir y arriver. Les étudiant·e·s sont a bout de souffle, il·elle·s n’en peuvent plus. Résultat d’un confinement mais surtout d’une session conservée sans réelles adaptations.

La question qui se pose et qui apparait aux étudiant·e·s est : sommes-nous en train d’évaluer les capacités de raisonnement ou de connaissance de la matière ou les examens seront-ils l’expression de la résistance au stress, voire même, d’un environnement et de conditions matérielles ?

Pour un enseignement public, l’idée que notre réussite soit conditionnée par notre milieu social, nous paraît inacceptable. Pourtant, cette crise et le manque de solutions structurelles ont aggravé les inégalités. Nous ne pouvons pas continuer comme cela. La détresse étudiante est bien réelle, il est temps de l’écouter. Dès lors, face à ce constat, des décisions politiques fortes doivent être considérées par les recteurs et la ministre. Nous demandons aux autorités de considérer la possibilité de proclamer la réussite de certains cours par note administrative (moyenne de l’étudiant·e). Ce faisant, l’évaluation deviendrait formative et serait accompagnée d’un suivi individuel pour les étudiant·e·s en difficulté.

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CARTE BLANCHE – La communauté étudiante de l’UCLouvain tire la sonnette d’alarme

Après ces deux semaines de Pâques, les étudiant.es de l’UCLouvain s’apprêtent à retrouver le chemin des auditoires. La reprise des cours en distanciel va de pair avec le blocus qui approche à grands pas. Pourtant, nous ne savons toujours pas à quelle sauce nous allons être mangé.es et notre appréhension grandit de jour en jour. Un formulaire, envoyé aujourd’hui par les autorités académiques, ne fait rien pour rassurer les étudiant.es…

À l’AGL, les témoignages d’étudiant·es que nous recevons parlent de plus en plus de sentiment d’impuissance, et nous font craindre un taux de décrochage scolaire très important. Face à ce constat, il nous semble que les modalités d’évaluation doivent être réévaluées et une prise de conscience sur la situation étudiante doit avoir lieu.

Malgré les efforts des professeur.es, un enseignement de moindre qualité

Après quatre semaines de cours en distanciel, nous pouvons constater que certains cours fonctionnent et que d’autres sont plutôt de l’ordre du bricolage. Malgré les efforts de beaucoup de professeur.es – que nous soulignons – il nous semble clair que notre enseignement s’est vu amputé d’une partie de son contenu ainsi que de sa cohérence. Certains cours ont été remplacés par des PDF à lire, d’autres par une multitude de travaux, d’autres encore par des conférences en ligne. Il est devenu difficile de s’organiser et de gérer la charge de travail qui s’impose à nous dans ces circonstances.

Les étudiant·es en difficulté

Au-delà des modalités d’enseignement, le problème des conditions de travail est lui aussi exacerbé par les cours en distanciel. Beaucoup d’étudiant.es souffrent aujourd’hui d’un manque matériel ou d’espace de travail, ce qui les empêche de suivre leurs cours dans de bonnes conditions. D’autres ont perdu leur job étudiant initial et ont dû prendre un job dans les secteurs prioritaires, très exigeants en termes d’heures. Ces étudiant.es n’ont plus le temps nécessaire pour suivre leurs cours et réaliser leurs travaux.

Notons aussi les étudiant·es qui vivent des situations familiales compliquées pour le moment, celles et ceux qui doivent rendre bientôt un mémoire ou TFE et sont dans l’incertitude et bien sûr les étudiant.es en situation de handicap, qui sont durement touché.es par ces changements de modalités, inadaptées dans de nombreux cas.

Les étudiant·es ne disposant pas des bonnes conditions pour suivre leurs cours devront compenser leur fatigue et la qualité de leur étude par du travail encore plus acharné. Ces longs mois difficiles peuvent mener à une dégradation physique et mentale pour beaucoup.

Stress, inégalités et inconnues ; les ingrédients d’un blocus réussi ?

Après avoir passé plus d’un mois et demi faire face à ce stress intense et à compenser la perte de qualité que subit l’enseignement, la population étudiante se retrouve plus esseulée encore face au blocus. Il est par ailleurs regrettable de constater qu’à ce jour aucune mesure n’ait été prise par l’université à ce sujet. Si un discours de bienveillance plane sur l’université, les directives claires manquent et n’aident pas à rassurer la communauté étudiante. Surtout, les modalités d’évaluations ne seront précisées que le 27 avril et d’ici là on ne sait pas quel est l’avenir de nos examens.

De plus, les solutions habituelles auxquelles l’on pourrait avoir recours en temps normal pour augmenter l’efficacité de l’étude ne sont plus accessibles. Pour contrer la difficulté de la situation et augmenter l’efficacité de l’étude, tels que le travail en groupe ou en bibliothèque, ne sont plus accessibles.

L’université agit comme si nous faisions seulement face à un confinement, alors que nous sommes aussi confronté·es à une pandémie. Les étudiant·es ne sont pas épargné·es par la situation anxiogène que provoque le coronavirus. Face à cela, l’université, au lieu d’atténuer l’anxiété, adopte des modalités d’évaluation et de surveillance à distance qui suscitent de la peur et du stress.

Le coût à payer

Le constat est clair, la qualité de notre enseignement s’est vue amoindrie et le blocus à venir risque d’être une catastrophe. Quelles solutions alors pour nos évaluations ? L’UCLouvain entend transformer les modalités d’évaluation dans certains cas. Pour d’autres, l’évaluation se tiendra à distance. Face à ces évaluations distancielles, cette politique de suspicion est en contradiction avec le discours de bienveillance. Nous serons pris·es en photos, par notre ordinateur, à de multiples reprises, pour s’assurer que nous ne trichons pas.

Cette méthode de surveillance par webcam pose des questions au sujet de l’intimité et du droit à la vie privée. Nous appelons l’UCLouvain à revoir sa position. En effet, le climat déjà tendu demande de trouver des solutions d’apaisement. En changeant de manière réfléchie les modalités d’évaluation, de tels dispositifs anti-triche orwelliens n’auraient plus d’utilité.

Celles et ceux qui ne disposent pas des moyens matériels nécessaires ou qui refusent la surveillance à domicile seront invité.es à passer leurs examens sur le site de l’université, se mettant ainsi en danger sanitaire. Rappelons à ce titre que la fracture numérique touche 4% de la communauté étudiante, selon la FEF, et ce sans compter celles et ceux qui n’ont pas accès à un espace de travail de qualité ou qui vivent des conditions de confinement compliquées. Au terme de tout cela, la seule chose que l’on sait, c’est que les examens mènent au casse-pipe.

Des solutions ambitieuses

En conclusion de cette situation extrêmement stressante pour une bonne partie des étudiant·es, nous demandons que :

  • Des directives claires et rassurantes soient prises concernant la tenue des examens et qu’un appel à l’allègement des sessions d’examens soit fait dans l’ensemble des facultés.
  • Les évaluations classiques soient remplacées par des évaluations à cours ouvert et qu’elles soient allégées.
  • Les cours pour lesquels il n’y aurait pas de modalité d’évaluation adaptée, la proclamation automatique soit envisagée, accompagnée par des évaluations formatives ainsi qu’une note administrative.
  • Veiller à ce que chaque étudiant·e, qu’elle que soit sa condition socio-économique, dispose de conditions adaptées pour étudier et pour passer ses examens en le mettant le moins possible en danger face à la pandémie.  

Ces décisions doivent être prises en tenant compte des particularités des facultés et qui laissent l’opportunité aux autorités locales de prendre des décisions fortes en faveur des étudiant·es. Il est temps de rassurer la communauté étudiante afin que celle-ci ne reste pas dans l’incertitude et n’appréhende pas le blocus et les examens comme elle le fait actuellement.

Retrouve cette carte blanche en version pdf par ici et partage-la autour de toi!

coronavirus

Covid-19 : l’AGL est là pour vous!

En cette période de crise sanitaire, nos vies sont bouleversées et les répercussions ne se font pas attendre. L’AGL ne veut pas vous laisser seul·e et décide de réagir. Dès cette semaine, plusieurs initiatives ont été mises en oeuvre pour continuer à vous défendre, vous informer, vous soutenir et vous représenter. Parlons-en !

First thing first : L’AGL n’est pas morte !

L’AGL reste ouverte, du moins autant que possible. Bien que nos bureaux soient fermés, nos permanent·e·s sont toujours là pour vous. Besoin d’un conseil ou d’une oreille, ils·elles vous répondent pendant les heures de bureaux via Facebook, e-mail ou par téléphone :

  • Facebook : https://www.facebook.com/aglouvain/
  • Mail : agl@aglouvain.be
  • Téléphone : +32 491 14 49 83. Notre ligne fixe habituelle, 010 45 08 88, est inaccessible mais nous assurons une permanence téléphonique grâce au numéro de téléphone portable ci-dessus.

Vous pouvez consulter les horaires de travail de nos permanent·e·s sur la page suivante : https://aglouvain.be/lagl/les-permanent·e·s/

Seul l’horaire de notre permanente en charge des questions juridiques est modifié puisqu’elle vous répondra dorénavant du lundi au vendredi entre 9h et 13h30 afin de pouvoir vous répondre dans les plus brefs délais.

Les représentant·e·s étudiant·e·s toujours sur le terrain

En plus de nos permanent·e·s, vos représentant·e·s étudiant·e·s continuent de travailler sur leurs dossiers ainsi que sur toutes les nouvelles problématiques survenues à cause du covid-2019. L’université est peut-être fermée jusqu’au 19 avril mais les sujets qui vous concernent ne peuvent pas attendre…

Un groupe Facebook de solidarité étudiante à l’UCLouvain

Dès ce lundi 18 mars, l’AGL a lancé un groupe Facebook de solidarité étudiante pour l’UCLouvain afin d’organiser l’entraide entre étudiant·e·s et de mettre en lumière vos problèmes et besoins afin de tenter de trouver des solutions entre nous et avec l’université.

Les trois prochaines semaines s’annoncent particulières. Pour certain·e·s les cours sont donnés à distance, pour d’autres, des travaux sont à rendre en lieu et place des cours, mais une chose est sûre, la qualité de notre enseignement se retrouve impactée. De plus, pour beaucoup d’entre nous, des questions financières vont se poser, beaucoup ne pourrons pas jobber et perdrons donc la source principale de leurs revenus. Toutes ces problématiques nous tiennent à coeur et nous souhaitons agir ensemble !

Pour devenir membre de ce groupe, vous pouvez suivre le lien suivant : https://www.facebook.com/groups/533599540886560/.

Un formulaire Google Forms pour connaître vos revendications

L’AGL a lancé une grande enquête sur les problèmes sociaux dus au Coronavirus. Elle vous invite à témoigner et à nous faire connaître votre réalité ! En effet, nombreux·ses sont les étudiant·e·s, qui se retrouvent dans des situations très compliquées, notamment à cause de leurs jobs momentanément suspendus.

Nous souhaitons pouvoir y répondre par des aides exceptionnelles au sein de l’université mais également au niveau communautaire pour pallier à l’absence de revenus de beaucoup. C’est pourquoi nous avons besoin d’un maximum d’informations pour que nous puissions construire un dossier de revendications. 

Pour répondre au questionnaire, clique sur le lien suivant : https://forms.gle/u5Rqway5j8rLUT9DA

Il est également disponible sur la page “Facebook AGL – Assemblée générale des Étudiant.e.s de Louvain” ainsi que sur le groupe “Solidarité étudiante – UCLouvain”.

Les élections étudiantes reportées mais pas annulées

S’agissant moins d’une initiative prise en réaction aux problèmes dus au coronavirus, il est plutôt question ici d’une décision nécessaire en conséquence de la pandémie. Nous tenions tout de même à vous en informer. 

Ce mardi 17 mars 2020, la commission électorale, chargée d’organiser les élections étudiantes, a décidé, au regard de la situation sanitaire du pays et des conséquences sur la vie étudiante, de suspendre le processus électoral. La commission électorale communiquera dès que possible sur les modalités et le calendrier pour la reprise des opérations électorales.

En termes d’initiatives prises par l’AGL actuellement, nous avons fait le tour. Toutefois, n’oubliez pas qu’en  tant qu’étudiant·e, vous êtes le coeur et l’âme de l’AGL. Nous faisons chaque jour notre possible pour vous soutenir, vous informer, vous défendre et vous représenter mais personne n’est parfait·e. N’hésitez donc pas à nous contacter via nos différents canaux afin de nous faire part de vos difficultés mais aussi de vos idées, de vos projets, etc. !

Prenez soin de vous !