L’AGL dénonce les dangers du projet Marcourt

 

De retour depuis peu à la Fédérations des Etudiants Francophones (FEF), l’AGL travaille de concert avec l’organisation de représentation communautaire à l’analyse de l’avant-projet de décret du ministre Marcourt. Force est de constater que les étudiants ne peuvent s’y retrouver. Une structuration par pôles géographiques n’est pas un gage de démocratisation de l’enseignement supérieur. De plus, le projet de réforme du statut de l’étudiant et de l’organisation des études toucherait durement les étudiants. Il n’a d’ailleurs fait l’objet d’aucune concertation avec les principaux intéressés.

Aujourd’hui, le projet du ministre inquiète les représentants étudiants. Divisé en deux grandes parties, il réforme, d’une part, les structures de l’enseignement supérieur (titre I) et, d’autre part, le statut de l’étudiant et l’organisation des études (titre II).

Au sujet de la réorganisation générale de l’enseignement supérieur, ce qu’on appelle dans le jargon la « réforme du paysage », l’AGL s’inquiète tout d’abord de la lourdeur administrative de tels organes centraux et du risque de politisation de l’enseignement supérieur. Ensuite, elle dénonce fortement l’affaiblissement de la représentation étudiante notamment par la marginalisation des organisations représentatives communautaires et l’absence d’étudiants dans certains organes essentiels. De plus, l’AGL revendique le caractère essentiel de la démocratisation de l’enseignement mais ne voit pas en quoi l’instauration d’une telle structure sert cet objectif. Par ailleurs, l’AGL ne peut que regretter que le Ministre ne s’attaque pas à la question du financement de l’enseignement supérieur et au système actuel d’enveloppe fermée seul véritable cause d’une exacerbation des pressions concurrentielles entre établissement. Cinquièmement et enfin, l’AGL ne peut accepter le gel du financement prévu pour 2014 ! Alors que l’Union Européenne recommande que 2% du PIB soit alloué à l’enseignement supérieur, la Belgique n’est qu’à 1,3%. Réduire encore la dotation se traduit par une baisse de la qualité et de l’accessibilité que l’AGL ne peut comprendre à l’heure où partout l’on affirme que la relance passe par une meilleure formation et l’innovation.

A propos du statut de l’étudiant et l’organisation générale des études, l’AGL ne comprend pas que la proposition d’abandon d’une organisation des cursus par année d’étude pour passer au système anglo-saxon des crédits, n’ait pas été précédée d’un large débat public et de consultations poussées des principaux acteurs. Cette proposition est aux yeux de l’AGL extrêmement dommageable et ce pour diverses raisons notamment une perte de cohérence pédagogique et scientifique pour les formations, la disparition de l’apport social que représente « un auditoire » et la charge administrative énorme.

Un autre aspect qui pose question dans le décret est celui de la possibilité pour les établissements de refuser des étudiants par manque de place mais sans qu’aucune mesure ne soit prise pour encadrer ce refus ou remédier au manque de place. Alors que le gel du financement crée un incitant certain pour les établissements à accepter moins d’étudiants, le risque est grand de voir apparaitre des engorgements.

Une troisième question qui reste à élucider est celle du minerval. Aucun élément n’indique si l’harmonisation prévue se fera à la hausse ou à la baisse. Quant au minerval réduit il équivaut dans le nouveau projet à 50% du minerval plein alors qu’aujourd’hui il est parfois, comme c’est le cas à l’université, inférieur à 50%. Enfin le fait de conditionner l’inscription et la délibération de l’étudiant à sa capacité immédiate de payer son minerval pose des grosses questions en terme de justice sociale. Est-ce la façon la plus adéquate et la plus juste de sanctionner un retard de paiement ?

 

Pour défendre au mieux le droit des étudiants, l’AGL agit énormément au sein de la FEF sur le site de laquelle plus d’informations. Le journal « Le Soir » a également consacré un article à ce sujet un article à ce sujet.

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