Logements: Attention KLLD en voie de disparition !

Pour les non-initiés, le KLLD est ce kot dont vous avez déjà énormément entendu parler, mais que vous n’avez que trop rarement aperçu: le Kot à Louer à Loyer Décent. Pas mal de nos confrères étudiants font les frais de cette disparition: files interminables devant des agences, locations « illégales », délocalisation, navettes, et parfois même, le choix d’une autre université !

Le phénomène de pénurie de kots n’est pas nouveau à Louvain-la-Neuve; il est d’ailleurs très régulièrement relayé dans la presse. Heureusement, comme nous l’avons déjà entendu par contre-communiqué de presse, l’UCL ne fait pas la sourde oreille. Un plan de construction est en cours de réalisation (comprenant entre autres des hypothétiques chambres chez les nouveaux habitants et des studios luxueux). En plus de ces prospectives, de nouvelles pistes sont avancées pour répondre aux besoins des étudiants dans les années à venir. 450 nouveaux kots sont promis; mais seront-ils des kots UCL, des kots privés ou seront-ils issus d’un partenariat public-privé?

L’AGL se bat pour que ces nouveaux logements envisagés soient uniquement des logements UCL. Certains se demandent sans doute pourquoi…

Est-ce un élan d’amour envers notre Alma Mater? Une volonté de voir l’UCL estampillée partout autour de l’étudiant?

Est-ce une frustration de ne pas avoir pu obtenir une chambre dans le tout nouveau et tout luxueux complexe Ladeuze?

Non, nous avons d’autres raisons, qui sont loin de ne pas être partagées par nos autorités et les différents acteurs de la politique des logements sur notre charmant site de Louvain-la-Neuve.

La demande de logements à Louvain-la-Neuve est supérieure à l’offre, la situation de pénurie entraine indéniablement une pression à la hausse sur les prix des loyers. Les loyers des kots UCL sont des régulateurs sur le marché.

Les locataires de logements UCL ont le droit à des baux de 10 mois (extensibles à 12 si nécessaire), ce qui ajouté à la différence de prix classique entre les kots UCL et les kots privés, représente une économie de plus de 1000 € par an !

On projette, et c’est une initiative plus que louable, d’augmenter le volume des aides sociales pour répondre aux besoins grandissants en temps de crise. Mais en laissant filer ces nouveaux kots dans le privé, on perd l’opportunité de pouvoir offrir des KLLD aux étudiants en difficulté ! N’est-ce pas un non-sens politique?

L’université se targue d’une politique d’attractivité internationale grâce aux différents échanges avec des universités partenaires, et à sa réputation, tant académique qu’extra-académique. Il paraît qu’on verra bientôt des Kots à Projets (KAPs) dans le monde entier! Or, ce sont les logements UCL qui permettent l’existence de KAPs…

Autre constat : les étudiants étrangers ont beaucoup de difficultés pour trouver un logement dans le privé. Il suffit de laisser traîner ses oreilles du côté des différents organismes d’accueil de ceux-ci pour s’en rendre compte.

Les services rendus aux étudiants sont généralement meilleurs dans les logements universitaires, or de la même manière que pour les prix, une pénurie de kot ne pousse pas à l’amélioration des services (bien au contraire) ! L’agrandissement du parc locatif UCL pourrait avoir un effet positif sur les services offerts dans d’autres logements étudiants.

L’UCL a tout à gagner à agrandir son parc locatif et à récupérer la part de marché qu’elle perd depuis des années face au privé. La construction de nouveaux kots est rentable. Seulement, chers étudiants, c’est la crise et qui dit crise, dit bonne excuse pour ne pas investir.

 

La plupart de nos arguments ont déjà été lus en interne. Pourtant, et ça ne surprendra que très peu de personnes, entre un avis partagé et des actes, il y a un pas, et énormément de jeu politique.

Ces prochaines semaines, l’UCL va être amenée à prendre une décision:

Sauvera-t-elle le KLLD ?

Dans tous les cas, les étudiants espèrent voir fleurir des KLLD par centaines !

Céline Urbain

Post scriptum: Qui sait, lirez-vous peut-être bientôt une chronique sur l’étudiant SKF (sans kot fixe) : l’étudiant non-kotteur ou kotteur éloigné, qui pour participer à n’importe quelle soirée / conférence / … (à remplacer par n’importe quel acte de socialisation ayant lieu en soirée), est contraint – faute de transports en commun adaptés – de squatter dans l’un ou l’autre de vos kots.

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