Focus: Participation, dites-vous ?

Zoom sur le décret de participation

S’il est un concept qui n’a de cesse d’être revendiqué par la représentation étudiante, c’est bien celui de participation. Mais participation à quoi? A la prise de décision au sein de l’université. L’idée est que si nous voulons que celle-ci soit démocratique, tous les corps doivent avoir quelque chose à dire dans son organisation.

En communauté française, c’est le mouvement étudiant de mai 1968 qui a initié l’évolution vers un enseignement supérieur plus démocratique : à l’époque, les étudiants de l’ULB avaient obtenu le droit de participer, à tous les niveaux, aux prises de décision au sein de l’université. Depuis lors, les étudiants élisent leurs représentants au Conseil d’Administration de l’ULB, organe suprême de l’institution. Par la suite, la participation étudiante avait fait tâche d’huile dans de nombreuses autres institutions dont notre chère UCL. Cependant, au début des années 90, nombreux étaient encore les établissements qui ne laissaient aucune place à la participation étudiante en leur sein. C’est pourquoi, la FEF, l’AGL et d’autres se sont battus pour obtenir l’adoption d’un régime légal garantissant la participation étudiante dans l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur. Ce combat a été couronné d’un premier succès d’importance en 1995 lors de la création des Hautes Écoles. Par la suite, la participation étudiante a également été institutionnalisée dans les écoles supérieures des arts puis, en 2003, dans les universités avec le fameux décret « participation ».

Que nous garantit-ili ? Le décret liste une série de domaines, qui tous d’une manière ou d’une autre touchent les étudiants, en garantissant aux représentants étudiants minimum 20% des voix dans les organes chargés de trancher dans les dits domaines. Le décret garantit aussi un cadre légal aux organisations de représentation étudiante, ainsi qu’un financement.

Les revers de la médaille

Bien sûr, cette participation étudiante obligatoire a eu de nombreux et importants avantages : nous étions présents dans les cénacles de décision les plus restreints. Nous avions un accès aux dossiers importants et à leur documentation et enfin, en cas de vote serré, le choix étudiant faisait désormais véritablement pencher la balance.

Mais toute médaille a son revers. Et le revers du décret participation a été de rendre le job de mandataire étudiant extrêmement technique. Sa principale activité est devenue le trifouillage de dossier avant les réunions et la participation à ces mêmes réunions. Certains ont accusé la représentation étudiante d’avoir déserté la rue pour les hémicycles. Toutefois, la mesure de ce problème est un souci constant à l’AGL depuis plusieurs années. Et beaucoup d’étudiants qui y sont passés ont eu à coeur de garder un contact fort avec le milieu étudiant malgré les réunions incessantes aux Halles. Et puis l’honnêteté intellectuelle nous oblige à souligner qu’il n’a pas fallu attendre le décret participation pour voir cette dichotomie exister. Plusieurs fois dans son histoire, l’AGL a appliqué la stratégie du retrait institutionnel (c-à-d déserter les organes de décision) afin de rester proche des étudiants et indépendante du pouvoir.

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