Petite victoire pour les étudiants en médecine !

Le Ministre de l’Enseignement supérieur en Communauté française, J-C. Marcourt débloque 3 millions d’euros afin d’assurer un meilleur encadrement dans le premier cycle des facultés de médecine, dentisterie et médecine vétérinaire. L’Assemblée Générale des étudiants de Louvain (AGL) félicite ce geste. Elle insiste pour qu’une réflexion sur l’ensemble de la formation médicale suive et pour que les étudiants y soient inclus.

 

L’information est tombée hier midi :

« Trois millions d’euros seront consacrés en 2011 à assurer un meilleur encadrement (de 50 à 60 temps plein) dans les facultés concernées : 5 facultés organisant le 1er cycle en médecine, 3 pour le 1er cycle en sciences dentaires et une pour le 2e cycle en médecine vétérinaire. »

Cela fait plusieurs années déjà que les étudiants réclament un réaménagement d’ordre budgétaire de l’ensemble des études de médecine et de dentisterie. Le nombre d’étudiants ne cesse de croitre dans ces filières. Pour 401 étudiants en 2005, il y en a aujourd’hui 1030 en première année de médecine. Or, le financement des universités n’a pas changé (les fameuses enveloppes fermées de la Communauté française) provoquant dès lors une inadéquation de l’encadrement des étudiants.

Le concours en fin de premier baccalauréat (Bac1) (2005) a crée un bouchon qui une fois levé (moratoire de 2008), a dédoublé le nombre d’étudiants. À cela s’ajoute le nombre croissant d’étudiants non-Belges (encouragé par une mobilité libre au sein de l’espace européen). La tâche des professeurs, assistants et personnel administratif a triplé sans qu’ils ne voient leur effectif augmenter.

Actuellement la situation est critique. Les cours de l’ensemble des Bac1 sont donnés à trois groupes séparés d’étudiants : les professeurs doivent répéter trois fois la même matière; les heures de cours données en auditoire ont été réduites (un complément doit être vu à domicile pour garder le même nombre de crédits de cours); certains travaux pratiques ont été supprimés. Les enveloppes fermées de la Communauté Française ne permettent pas à l’UCL de pourvoir aux demandes des facultés en surnombre.

Face à cette situation, il n’y a plus de place pour une pédagogie de petits groupes et un suivi individualisé des Bac1. Cela pourrait conduire à un mécanisme subtilement sélectif : seuls les étudiants les mieux formés à l’école secondaire ou pouvant se permettre de prendre des cours particuliers réussiraient leur première année, laissant derrière eux des camarades moins favorisés.

Ironiquement, ceci s’inscrit dans un contexte de pénurie de médecins et de dentistes en Belgique (généralistes, spécialistes dans certaines disciplines, praticiens de la médecine non-soignante…) ce qui pousse à recruter des médecins étrangers pour combler ce vide.

En remerciant les universités ayant dû faire de leur mieux avec des moyens limités pour cette rentrée 2010, nous saluons la décision du Ministre d’investir un nouveau montant dans la formation des futures blouses blanches.

Ceci constitue un premier pas mais d’autres mesures doivent suivre. Premièrement, un investissement à long terme dans l’ensemble des trois cycles de formation (baccalauréat, master et master complémentaire) en médecine et dentisterie pour garantir une formation théorique et clinique de qualité aux futurs professionnels de la santé. Deuxièmement, un noeud persiste au niveau fédéral concernant la restriction des numéros INAMI (donnant accès à la pratique médicale) couplée à un nombre limité de maîtrise de stage (l’encadrement du 3e cycle) et de mandats hospitaliers (ce qui garantit les salaires des assistants).

Conjointement au refinancement, une réflexion doit donc être mise en place rapidement pour l’entièreté du cursus de médecine et de dentisterie.

 

Dans la deuxième partie de sa déclaration, le Ministre J.-C. Marcourt annonce avoir réfléchi, de concert avec les recteurs, à une solution plus durable qui succéderait aux mesures précédentes de limitation d’accès aux études de médecine.

« Un soutien financier futur à des mesures de préparation à ces études et à l’organisation de séances de remédiation durant le premier quadrimestre destinées à combler rapidement les lacunes dans les compétences des nouveaux étudiants, lacunes identifiées par un test organisé en début d’études. »

Les étudiants, premiers concernés par ces mesures, s’étonnent de ne pas être consultés. Pourquoi ne pas les inclure au niveau politique comme cela est le cas dans toute institution universitaire depuis le décret participation de 2003 ?

Contacts presse

  • Oriane de Vleeschouwer – Vice-Présidente Woluwe : 0486/548488 – odevleeschouwer@aglouvain.be
  • Aurélien Hachez – Président : 0491/074737 – president@aglouvain.be

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