Pourquoi une sélection à l’entrée fait-elle débat ?

La sélection est, selon de nombreuses études académiques nationales et internationales, anti-sociale, inefficace et facteur de pénurie.

  1. Sélectionner à l’entrée est une mesure anti-sociale. Les sélections à l’entrée évaluent les compétences et connaissances acquises en secondaire. Or, l’enseignement secondaire belge francophone est l’un des plus inégalitaires de l’OCDE ; et la qualité de l’école seconde est très fort corrélée à l’origine sociale de ses élèves. Mettre en place une sélection à l’entrée, c’est donc barrer l’accès aux étudiants des écoles défavorisées, ceux qui viennent d’un milieu social défavorisé.
  2. Sélectionner à l’entrée est une mesure inefficace et anti-pédagogique. Comme on évalue les connaissances et compétences acquises dans le secondaire, on ne sait pas préjuger des aptitudes futures des étudiants, mais de leur seul niveau de préparation (qui dépend plus de l’école d’origine que de l’étudiant individuellement). De nombreux étudiants se verraient barrer l’accès à leur projet de vie, alors qu’ils auraient pourtant toutes les aptitudes leur permettant de réussir.
  3. Si une augmentation des étudiants conduit à rendre plus difficile l’accès au métier en Belgique, on a pu démontrer que sélectionner à l’entrée ne permettrait pas de distinguer les meilleurs des moins bons ; et surtout, attachés au libre accès aux études, nous voulons que chacun puisse démarrer son projet de vie, en connaissant les informations par rapport à ce projet (notamment le taux d’emploi) et en prenant de façon responsable et autonome des décisions face à ces informations. La planification des études, tentée en médecine humaine pour corréler le nombre d’étudiants à la demande en termes d’emploi, s’est avérée un cuisant échec et a abouti sur une grave pénurie de médecins mettant en danger la qualité des soins de santé.
  4. Si l’on reconnait l’existence d’un gros problème, les données sont bien trop floues pour pouvoir accepter d’office une sélection, et surtout, des alternatives existent que nous voulons développer.
  5. Enfin, l’argument du manque de places en Bachelier ne pourrait pas être avancé pour justifier une sélection à l’entame des bacheliers. En effet, le rapport de l’Association des établissements d’enseignement supérieur de 2009 constatait que: “establishments [UCL, ULB, FUNDP et ULG] seem not to encounter specific problems concerning the goals of the veterinary curriculum, organisation and funding” et que “Facilities for 1 st cycle teaching at all four places can generally be considered as acceptable to good“. Il serait donc de surcroît injuste, à lire ce rapport, de limiter l’accès à des étudiants au 1er cycle, alors que la formation actuelle est considérée comme bonne.

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