"Engagez-vous" qu'ils disaient !

L’engagement extra-académique et les études font partie d’un tout, ils sont interconnectés et se complètent mutuellement. Plus de 2000 étudiants sont engagés activement au sein de l’institution, que ce soit dans les KAP’s, l’AGL, les Cercles, les Régionales ou encore dans les BDE. L’engagement étudiant participe à la formation qu’offre l’Université, il permet de la compléter et de former ces étudiants à la citoyenneté, à prendre position suite à des réflexions personnelles, à être des adultes responsables… Et pourtant il n’est pas aisé d’être impliqué dans un mouvement étudiant.

Une première approche vers la compréhension de l’étendue du phénomène « engagement » est celle d’en définir sa signification, si nous tentions de lui trouver un synonyme, apparaîtraient des termes tels que : Accord / combat / alliance / convention / promesse / reconnaissance / vœu / commencer / s’aventurer / s’embarquer / se prêter / s’impliquer / …  Malgré les belles valeurs et les idéaux véhiculés par ce bénévolat estudiantin, l’implication dans les activités qui sortent du cadre des études n’est que faiblement valorisée, peu reconnue et trop souvent dénigrée. Il est paradoxal de constater que l’UCL est fière de présenter la richesse de son animation et du nombre d’étudiants engagés alors qu’elle ne leur facilite pas le parcours académique. Ces engagés constatent que leurs professeurs ne connaissent pas tous les aspects de l’implication, que certains ne voient que le côté « guindaille » en oubliant l’incroyable enrichissement personnel qu’il apporte à l’étudiant. Le corps académique n’est pas le seul à manquer d’informations sur l’engagement, bien des étudiants ne savent pas qu’il est important pour eux d’être représentés par d’autres étudiants. Au vu de ces constatations, il apparaît clairement qu’une meilleure communication est une des pistes à exploiter pour valoriser l’engagement, assurer une meilleure reconnaissance et permettre ainsi un plus grand épanouissement personnel. Toutefois, avant d’avancer les solutions à apporter pour une meilleure valorisation, intéressons-nous aux motivations qui poussent le « cerveau en chantier » à s’aventurer dans l’extra-académique.

Les atouts de l’engagement

Combien d’entre vous n’ont pas reproché à la formation universitaire de ne pas toucher au concret, de rester dans des concepts théoriques ? N’as-tu jamais recherché l’utilité de ton cours dans la vie pratique, son application dans ton potentiel avenir professionnel ? La majorité des étudiants qui osent franchir la limite des sentiers battus des études répondent à ce besoin de concret, cherchent à mettre en pratique les compétences enseignées ex cathedra.  Mieux encore, l’engagement est source de créativité, aiguise le sens critique des étudiants, développe leur pro-activité. N’est-il pas étrange de constater qu’il s’agit d’un des objectifs principaux de la formation universitaire stricto sensu ? L’aventure universitaire que représente cet engagement est l’occasion de se construire un réseau social, de se forger une personnalité et de s’affirmer dans ses opinions et dans ses actes. Le jeune étudiant fraîchement sorti de secondaire devient alors, au fil des obstacles surmontés dans cette aventure, un adulte responsable et citoyen. Outre la tête bien pleine, les savoirs accumulés, l’autre facette de la formation, complémentaire et tout aussi indispensable, est cette « école de vie » qui forme des têtes bien faites tout autant pleines de savoirs mais également de savoir-faire. Que ce soit dans un BDE, dans un collectif d’animation ou à l’AGL, l’étudiant y est amené à développer certaines compétences – prise de responsabilité, créativité, travail en équipe, se mettre au service des autres, gérer l’imprévu, concilier des avis – utiles et recherchées par le potentiel futur employeur.

Quel type de valorisation, le débat reste ouvert

Comment valoriser dès lors cet engagement qui apporte tellement dans la formation universitaire ? Dans certaines universités hollandaises et françaises, des ECTS sont accordés aux étudiants pour leur engagement, pourquoi ne pourrait-on pas utiliser le même système à l’UCL ? Dans une approche de premier ordre, valoriser par des ECTS est évidemment tentant mais la majorité des étudiants s’accorde sur le principe que leur engagement est gratuit, non motivé par un but lucratique, ils se sont engagés par passion ! La valorisation financière ou les avantages, quels qu’ils soient, attireraient les intéressés par seuls ces avantages et ne nourriraient pas cette motivation et ce dévouement à la cause qui caractérisent les premiers. L’engagement ne serait plus le même. Les engagés repoussent rapidement cet aspect de la valorisation. Par contre, ils attachent une importance particulière au merci, à la reconnaissance entre étudiants et entre personnel UCL et étudiants. Cette reconnaissance ne pourrait exister sans une connaissance préalable de l’incroyable diversité des engagements et une identification des étudiants qui s’impliquent dans « l’école de la vie ».

La communication, un début de solution

Il apparaît essentiel qu’une meilleure communication soit développée entre les différents acteurs de la communauté universitaire. En effet, il faut que chacun fasse la démarche de se présenter un minimum et d’expliquer aux professeurs son engagement. Le meilleur retour valorisant attendu par l’étudiant impliqué de la part de ses pairs et de ses professeurs est la reconnaissance. Par reconnaissance, entendons celle de ce que demande l’engagement, de ce qu’apporte celui-ci à l’étudiant personnellement mais également de ce qu’il lui apporte dans sa formation d’acteur de la société.  Il s’agit pour l’étudiant impliqué d’établir un dialogue, de sensibiliser les personnes afin d’assurer une meilleure compatibilité entre l’extra-académique et les cours.

Dialogue et Souplesse : l’avenir de l’engagement.

La reconnaissance passe aussi par une plus grande souplesse de la part du corps enseignant : mettre à disposition des supports de cours de qualité qui, le cas échéant, handicapent fortement le travail de l’étudiant qui se veut responsable de ses études. Ainsi, l’incompatibilité entre savoir et savoir-faire disparaîtrait au profit d’un engagement de plus grande qualité et mieux reconnu. Il est indéniable que des progrès majeurs ces dernières années ont permis de remplir l’objectif de valorisation mais il y a encore beaucoup de pain sur la planche. Rien n’empêche toutefois à l’étudiant fortement engagé d’aller trouver son professeur pour convenir d’un étalement d’un travail personnel. Au niveau des autorités académiques, une certaine souplesse existe également et est fonction des études choisies, remarquons la possibilité d’étaler une année d’étude sans payer de minerval supplémentaire, en accord avec le vice-recteur aux affaires étudiantes. La valorisation de l’engagement passe donc par l’ouverture du dialogue et d’une souplesse accrue pour les étudiants engagés.

Nous sommes tous des citoyens, la vie commence par l’extra-académique. Actuellement, on part d’u
n paradigme de l’enseignement où la vie étudiante prend le pas sur tout le reste. Or, il est intéressant de retourner le modèle. JP Mitsch, philosophe : Recommençons à être des hommes et des femmes avec les pieds sur terre, qui à un moment, étudient. Le modèle où les études sont un absolu et que tout le reste est de l’« extra », c’est dépassé ! Les études ne sont pas tout… d’abord il y a la vie, puis les études. Ne seraient-ce alors les études à étiquetter « extra-académique ? »

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