Quel impact ce nombre important d’étudiants a-t-il sur les débouchés ? Un surplus de vétérinaire n’entrainera-t-il pas une concurrence trop importante entre praticiens, une baisse des salaires, etc. ? La profession est-elle en pénurie ou en surnombre ?

Poser la question dans un contexte restreint à la Belgique a peu de sens : vu le principe européen de libre circulation des travailleurs, c’est à l’échelle de l’Union européenne qu’il faut se projeter, les flux de vétérinaires entre pays étant libres.

Déjà aujourd’hui, de nombreux vétérinaires formés en Belgique (re)partent exercer à l’étranger (étudiants originaires d’un autre pays de l’Union qui retournent dans leur pays, des Belges qui partent exercer ailleurs, …), se tournent vers la recherche ou d’autres métiers auxquels mène la formation en sciences vétérinaires (contrôle en abattoir, …). Par exemple, 39% (280 sur 725) des nouveaux inscrits à l’Ordre français des vétérinaires en 2013 étaient diplômés d’écoles non-françaises, dont 55% provenaient de Belgique (87 français et 68 belges formés en Belgique). Ce constat peut ressortir également en analysant la proportion de promus qui s’inscrivent à l’ordre des médecins vétérinaires francophones ou encore de la proportion de promus qui ouvrent un cabinet. En 2010, sur 515 promus, 191 ont ouvert leur cabinet en Belgique, beaucoup partant à l’étranger.

De surcroît, si l’on se restreint à l’activité professionnelle dans le seul cadre belge et tout en se rappelant qu’il n’existe pas de cadastre de l’activité vétérinaire en Belgique, aujourd’hui, un certain nombre d’études tendent à démontrer une pénurie de vétérinaires pratiquant en zone rurale et de professionnels spécialisés dans le gros bétail.

Cette pénurie des vétérinaires fait d’ailleurs l’objet de débats parlementaires. Suite à une question orale en commission Agriculture, le ministre wallon de l’agriculture s’était exprimé en déclarant : “vous avez raison sur le fait que le métier de vétérinaire […] est en difficulté dans le monde rural”. “[A propos de l’organisation des études et de l’excès d’étudiants], on sait que l’engouement réside dans la médecine vétérinaire des animaux de compagnie et des chevaux et pas celle des animaux de rente. Il faut veiller à ce que les mesures prises n’entravent pas le recrutement et la formation des futurs praticiens ruraux ».

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