Qui est-ce : David Doumont, directeur de Cambio

Début décembre, lors du Sommet de Copenhague, le développement durable était encore une fois au centre des débats. Plus proche de nous, la société Cambio contribue elle aussi à rendre notre planète et nos habitudes plus vertes en proposant un service encore méconnu : le car sharing.

 

 

Le car sharing, comment ça fonctionne ?

Le premier mot d’ordre, c’est la facilité. Pour utiliser une voiture Cambio, il suffit de la réserver, longtemps à l’avance ou à la dernière minute, auprès de la centrale ou par Internet. Ensuite, c’est très simple. Le client choisit la catégorie de véhicule qui l’intéresse et la station qui lui convient le mieux. Toutes les voitures Cambio sont fournies avec une carte-carburant qui permet de faire le plein et le carburant est compris dans le prix.

 

En parlant de prix, combien cela coûte-t-il d’utiliser une voiture Cambio ?    

Il faut distinguer tarif de base et tarif d’utilisation. Le tarif de base comprend d’abord des frais d’activation qui ne sont payés qu’une seule fois, à hauteur de 35€. Ensuite, l’utilisateur doit acheter un abonnement mensuel dont le prix varie entre 4€ et 22€. Nous demandons aussi une participation financière, une sorte de caution, dont le montant dépend de la formule choisie et donc du profil de l’utilisateur. Le tarif d’utilisation, quant à lui, comprend un montant en fonction de la durée de location et un montant en fonction du nombre de kilomètres parcourus.

 

Comment fait-on pour obtenir les clés de la voiture ?

Chaque client Cambio reçoit trois choses lors de son inscription : un numéro de client, une carte Cambio et un code PIN. La carte est nécessaire pour ouvrir la voiture. Il faut en fait la passer devant un point de contact situé à l’avant du véhicule. Une fois dans la voiture, le client doit introduire son code PIN dans l’ordinateur de bord pour pouvoir libérer la clé qui se trouve dans la boîte à gants.

 

Quel est le client type du service Cambio ?

On n’a pas vraiment de client type. Finalement, toute personne qui peut rationnaliser l’utilisation d’un véhicule peut profiter du système. C’est-à-dire que globalement, quelqu’un qui fait moins de 12 000 kilomètres par an a tout intérêt à passer au car sharing. Si on analyse un peu plus, on peut dire que généralement, le client type est une personne qui a entre 35 et 45 ans. La proportion d’hommes est un peu plus élevée et d’un point de vue socioéconomique, c’est quelqu’un qui provient d’un milieu relativement aisé et qui a fait des études d’un bon niveau. On a également parmi nos clients environ 30% d’entreprises.

 

Pensez-vous que le car sharing soit une formule abordable pour un étudiant ?

Disons que la voiture reste chère. Maintenant si on doit comparer la possession d’un véhicule avec la formule du car sharing, alors on est très nettement moins cher. Actuellement, nous avons trop souvent le réflexe de prendre la voiture pour des trajets que l’on pourrait sans problème faire autrement. Faire le choix du car sharing, c’est faire le choix de se déshabituer de prendre à tire-larigot un véhicule. À ce moment-là, on réalise une économie très nette.

 

Êtes-vous partenaire des transports en commun ?

Nous entretenons de forts partenariats avec les transports publics, donc De Lijn, la STIB et les TEC. Ce sont des sociétés qui sont directement dans notre actionnariat. Les TEC en possèdent 25%. Cela veut dire aussi que les agents TEC peuvent, dans les maisons de mobilité, donner une information claire sur les services Cambio en Wallonie. C’est un premier objectif de partenariat : développer une communication commune. On a eu par ailleurs des abonnements combinés. Ca n’est plus le cas pour le moment, mais l’actionnariat a été signé en mai et a pris effet seulement en septembre 2009. Donc on peut penser que pour l’année prochaine, on travaillera encore avec ce type d’abonnements.

 

Comment choisissez-vous les endroits où vous installez une station Cambio ? 

Le premier critère déterminant, c’est l’accessibilité en transports en commun. Il faut bien savoir que la clientèle qui profite d’une station ne se situe pas forcément à quelques mètres de cette station. On doit donc permettre à ces personnes d’atteindre le plus facilement possible leur station. Ensuite, et cela vaut surtout pour les premières stations que l’on implante dans un endroit, la visibilité joue un rôle essentiel. On connaît Cambio avant tout parce qu’on a vu une station, parce qu’on s’est interrogé sur ce qu’est Cambio. Donc, être dans un point central d’une ville, c’est primordial pour nous. À Louvain-la-Neuve par exemple, se situer non loin de la gare, c’était essentiel. Ensuite, on a commencé à se disperser dans les autres quartiers.

 

Quel succès remporte Cambio actuellement ?

On est pleinement satisfait du nombre d’adhérents, même s’il existe des différences d’usage entre les régions en Belgique. Je ne vous cache pas qu’en Wallonie, on est un peu à la traîne derrière la grosse locomotive qui est Bruxelles. On vient d’inscrire à Bruxelles notre 5000ème client. En Flandre on en compte 2800 pour 1600 en Wallonie alors que le système y a été mis en place un an plus tôt qu’à Bruxelles et 2 ans plus tôt qu’en Flandre. Mais n’oublions pas que la densité de population est évidemment le premier facteur de succès. Mais toute proportion gardée, on peut dire que la formule Cambio est aussi une réussite en Wallonie. Seulement le développement est moins spectaculaire.

 

Peut-on considérer Cambio comme une véritable initiative de développement durable ?

Certainement. C’est ancrer dans les mentalités une nouvelle manière de voir la voiture et c’est aussi travailler à la diminution de l’usage abusif de la voiture et donc par là, à la diminution de tous ses effets nocifs pour la planète. On est aussi partenaire des maisons du développement durable. Au-delà de ça, on est très attentif à l’écologie, notamment en proposant des tests d’éco-conduite à nos clients. Tout ça est lié dans notre vision de Cambio comme un projet environnemental, de mobilité et donc de développement durable.

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