Recherchons déserteurs pour démocratiser Woluwé-Saint-Lambert

Un, deux, trois, nous n’irons nulle part. Quatre, cinq, six, soirées KAP je fuis. Sept, huit, neuf, je préfère la teuf. Dix, onze, douze, une seule fois je bouge.

Ecrire un article sur la démocratisation des études de médecine, quel intérêt ? Les syllabi sont ruineux, les livres de référence aussi, la vie à Woluwé-saint-lambert est chère. Constat éternel donc article de peu d’intérêts. Mais la démocratisation, qu’est-ce d’autre qu’une participation active et passive (je crée et je suis) à la vie du site ? Ainsi la démocratisation acceptée dans ce sens induit l’essor de multiples projets allant d’une AGL dynamique aux kots-à-projet novateurs en passant par une participation motivée et imporatante des étudiants. Partant de là, le site d’Alma est-il une micro-démocratie?

Commençons par une anecdote. Une conférence gratuite l’année passée organisée par le Kap-Aux-Droits portait sur l’éthique des essais thérapeutiques dans les pays en voie de développement. Nous étions 6 « hors-kot-à-projets » à écouter les dérives passées (officiellement) des industries pharmaceutiques et les questions actuellement posées face à cette problématique. Et tant d’autres exemples te viennent sans doute à l’esprit. Il paraît même que l’expression « Chercher une aiguille dans une botte de foin » tend à disparaitre au profit de « Chercher un étudiant durant une activité KAP de l’UCL-en-Woluwé ». Bon j’avoue, là j’exagère. Mais juste un peu alors. Et le fait est d’autant plus étrange qu’un certain nombre d’étudiants se sont plaints d’un manque d’animations sur le site, comme en témoigne les résultats du questionnaire. Comment expliquer cette désertion ?

Une première piste pour retrouver certains déserteurs est celle de la « Big soirée ». Les étudiants se réservent un jour de la semaine où ils sortent jusqu’à une heure indécente pour faire des choses indécentes. Après les longues journées de cours où l’ennui se poursuit et toujours se ressemble, quel plaisir à danser, boire et crier ! Se défouler en somme, comme lors des Bacchanales antiques où tout grec pouvait une fois l’an s’émanciper de règles sociales parfois trop contraignantes. Pour le jeu « Embrassez qui vous voulez », tu choisis le Spix , la Mémé ou la Salle Pharma. Et les règles sont simples : il n’y en a aucune. Au contraire des activités KAP où tu écoutes ou partages, et rarement jusqu’au petites heures de la nuit. Bien sûr il s’agit dans les deux cas de caricatures afin de mieux illustrer ce point de vue.

Mais par ce chemin, seule une poignée d’étudiants se retrouvent. Empruntons donc un autre chemin. Les relations sont plus difficiles à créer à l’université. A 18 ans, la vie est-elle déjà structurée de telle manière qu’aucune nouvelle amitié n’est possible ? Ou serait-ce une appréhension par rapport aux autres ? Quoi qu’il en soit, les connaissances restent souvent d’auditoire et non de soirées partagées. « Il y a un chouette film qui sera projeté demain, ça te tente qu’on y aille ? » « Non, désolée, j’ai pas envie de retourner dans les auditoires le soir ». Ou « Non, j’ai autre chose de prévu ». Ou encore « Non, j’ai pas envie de regarder ce film ». Ou sinon…Tu l’as compris, toutes les excuses sont bonnes ! Et seul, tu n’oses te rendre au lieu dit.

La troisième voie nous emmène du côté « Public relation », malgré les affiches, l’information ne passe pas. Faute au dégoût de lecture, au voisin avec qui tu parles, au trop plein d’affiches. Pour se faire remarquer, il faut donc innover ! Et pour cela il faut du temps et de l’argent. Mais les étudiants des KAP sont avant tout des étudiants, et ont d’autres occupations que leur kot. Dans cette vie qui bouge, difficile d’avoir le temps de faire le pèlerinage depuis Jacques de la Mémé jusqu’à Candice du Campanile pour informer de l’activité prochaine.

Le mot de la fin sera d’ordre métaphysique. En fait il n’y a personne durant les animations des KAP parce que nous n’existons pas. Tu n’as donc jamais lu cet article et moi je l’ai encore moins écrit : toute notre vie n’est qu’une illusion. (Ceci est bien sûr une blague. Ou peut-être  pas en fait…)

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