Réforme des études de médecine: un projet qui pose question

Le vendredi 6 janvier 2012, le ministre de l’enseignement Jean-Claude Marcourt publiait son projet de réforme des études de médecine. Voici en substance ce qu’on pouvait y lire:

  1. En septembre 2012, l’obtention du diplôme de médecin passera de 7 à 6 ans. De son côté, le master complémentaire qui permet de devenir médecin généraliste demandera 3 ans.
  2. En septembre 2013, serait mis en place un test d’entrée obligatoire non contraignant : si cet examen est raté, il est néanmoins possible de se lancer dans ces études.
  3. A partir de janvier 2013, un échec à la session de janvier :
  • dont la moyenne est inférieure à 8/20 aurait comme conséquence la possibilité pour le jury d’imposer l’étalement de la première année en deux ans (minerval pour la 2e année : environ 40 €).
  • dont la moyenne se situe entre 8/20 et 10/20 aurait comme conséquence la possibilité pour le jury de proposer l’étalement en 2 ans, de proposer une réorientation ou encore une remédiation.

Quelles sont les conséquences de ce projet, selon l’AGL?

  1. En raison du passage des études de médecine de 7 à 6 ans, l’habituelle remise à niveau du premier quadrimestre de BAC 1 n’aura plus lieu. Il est possible que cela contribue à rendre la matière de première année plus ardue.
  2. Etant donné le statu quo de la délivrance des numéros INAMI, nous verrons émerger, dans 6 ans, une double promotion. En effet, ceux qui auront fait leur première année en 2011 (système “7 ans”) et ceux qui auront commencé médecine en 2012 (système” 6 ans”) seront concurrents pour les diplômes et les numéros INAMI 2018.
  3. Le projet n’est pas encore voté, il le sera Pâques. Pour cette raison, nous vous invitons à vous mobiliser aux côtés de l’AGL, dès la rentrée.

Pourquoi  les associations représentantes des étudiants (AGL, CIUM, FEF, Unécof, …) critiquent-elles le projet de réforme?

 

  1. Notre enseignement secondaire étant un des plus inégalitaires de tous les pays industrialisés (selon les études PISA), ces inégalités perdureront à l’université puisqu’il n’y aura plus d’ajustement possible lors du premier quadrimestre de BAC1. Cette réforme rend donc moins accessible l’ascenseur social.
  2. La sélection en janvier risque de se baser sur l’évaluation de compétences non représentatives des qualités requises chez un médecin. Les tests en diront plus sur la capacité à se mouvoir dans le système universitaire que sur les compétences nécessaires pour devenir un médecin. En outre, cette réforme néglige le fait que les étudiants pourraient apprendre de leurs erreurs.
  3. Cette sélection aura lieu alors qu’il y a actuellement en Belgique une pénurie de médecins (différenciée selon qu’on se situe en zones urbaines ou rurales) due à la restriction de l’accès aux numéros INAMI. Pourtant l’augmentation des quotas INAMI serait plus que nécessaire. Rappelons ici la surcharge de travail dont les médecins font les frais, la récurrence des files d’attente pour prendre rdv chez un spécialiste et l’actuelle l’embauche de médecins étrangers pour combler les pénuries.
  4. Actuellement, certains étudiants ayant une moyenne en dessous de 10/20 en janvier réussissent  leur année. Avec les nouvelles mesures, ces personnes devront se réorienter ou étaler leur première année (ce qui équivaut à un redoublement).
  5. Les propositions de réorientation en janvier (dont la possibilité semble faible, sachant que les inscriptions sont bloquées à partir de décembre) pourraient créer des filières de “relégation”. En effet, les étudiants échouant à la session de janvier pourraient se réorienter dans d’autres filières, comme si celles-ci étaient inférieures.
  6. Sur la forme, l’AGL regrette que le ministre Marcourt propose de réformer les études en médecine alors que les représentants étudiants sont en période d’examens.

Ce que préconise les représentants étudiants :

L’AGL souhaite que la communauté française investisse davantage dans la santé de ses citoyens en refinançant l’enseignement. Une telle mesure permettrait d’engager plus de professeurs, de libérer des locaux et de trouver des solutions inventives pour répondre à la surpopulation actuelle dans les filières médicales.

De plus pour l’AGL, la solution adéquate pour réduire le haut taux d’échec dans l’enseignement supérieur passe par :

  • Un meilleur encadrement des étudiants.
  • Une plus grande focalisation sur l’amélioration de la qualité de l’enseignement obligatoire car une réduction des inégalités dans cet enseignement concomitante à une amélioration de sa qualité est le meilleur gage d’une meilleure préparation et d’une plus grande égalité des étudiants dans le supérieur.

N’hésitez pas à prendre contact avec l’AGL si vous souhaitez réagir ou si vous désirer des compléments d’informations.

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