Réforme des études de médecine: un projet qui pose question

Nous invitons tous les étudiants de l’UCL à participer à la mobilisation le mercredi 7 mars à Bruxelles contre le projet de réforme des études en médecine et pour défendre la mise en place de mesures cohérentes avec l’avis des étudiants.

 

Le vendredi 6 janvier 2012, le ministre de l’enseignement Jean-Claude Marcourt publiait son projet de réforme des études de médecine. Voici en substance ce qu’on pouvait y lire:

1.      En septembre 2012, l’obtention du diplôme de médecin passera de 7 à 6 ans. De son côté, le master complémentaire qui permet de devenir médecin généraliste demandera 3 ans.
2.      En septembre 2013, serait mis en place un test d’entrée obligatoire non contraignant : si cet examen est raté, il est néanmoins possible de se lancer dans ces études.
3.      A partir de janvier 2013, un échec à la session de janvier :
– dont la moyenne est inférieure à 8/20 aurait comme conséquence la possibilité pour le jury d’imposer l’étalement de la première année en deux ans (minerval pour la 2e année : environ 40 €).
– dont la moyenne se situe entre 8/20 et 10/20 aurait comme conséquence la possibilité pour le jury de proposer l’étalement en 2 ans, de proposer une réorientation ou encore une remédiation.

Pourquoi les associations représentantes des étudiants (AGL, CIUM, FEF, Unécof, …) critiquent-elles le projet de réforme?

De nombreuses critiques ont étés formulées par les étudiants faces à ce décret. Plus particulièrement l’article qui rend toute puissante la décision du jury. De celui ci nous pouvons dégager ce qui nous semble être les principaux défauts. Ceux ci sont, de manière largement consensuelle, issus du caractère obligatoire de la décision du jury en janvier.

1. Notre enseignement secondaire étant un des plus inégalitaires de tous les pays industrialisés (selon les études PISA), ces inégalités perdureront à l’université puisqu’il n’y aura plus d’ajustement possible lors du premier quadrimestre de BAC1. Cette réforme rend donc moins accessible l’ascenseur social.

2.   Quel que soit le type d’étude, la session de janvier représente un test important donnant un signal aux étudiants concernant leur méthode de travail et la qualité de celle-ci, leur façon d’appréhender les diverses matières, etc. Après cette première « vraie » session, beaucoup se rendent comptent qu’ils sont sur la mauvaise voie ce qui les poussent à s’adapter en réorganisant leur méthode de travail et leur façon d’étudier afin de se rattraper et réussir en juin ou en septembre. Dès lors, on constate dans nos auditoires qu’une partie non négligeable des étudiants qui rate en janvier, réussit en juin ou en août. Afin d’étayer cette réflexion, une évaluation réalisée auprès des étudiants de médecine indique qu’environ 20 % d’entre eux déclarent avoir raté leur session de janvier en 1ére bachelier avant de démarrer efficacement leur cursus. C’est d’ailleurs sur base de ce type d’évaluation que des examens dispensatoires en 1ére session du 1er bachelier ont été prévus dans la réforme de Bologne.

3.   Nous nous interrogeons également sur le pouvoir octroyé au jurys de première année. Ceux ci sont ils vraiment aptes à prendre une telle décision ? Et sur quelles bases pourraient ils décider d’une question aussi importante, n’ayant accès presque exclusivement qu’aux points de l’étudiant ? Avec une telle mesure, nous nous exposons à de lourdes disparités dans la manière dont les cas individuelles seront traités.
4. Nous savons que, lors de la première année de médecine, existent déjà des problèmes d’accès à des infrastructures suffisantes. Mais l’imposition de l’étalement ne fera qu’augmenter la surcharge des auditoires, en les remplissant en partie d’étudiants qui auraient pu réussir leur année.

5.   Il est assez stupéfiant de constater que les facultés sont les premières à se plaindre d’un manque d’argent et qu’ici, la mise en place d’une année supplémentaire ou parallèle (appelés différemment en fonction des uns et des autres) ne pose aucun problème. Comment pourra-t-on orchestrer financièrement et logistiquement cette année supplémentaire ? Et ne serait-il pas plus opportun d’investir cet argent dans les structures d’encadrement actuelles ?

Pour toutes ces raisons, nous nous opposons au caractère coercitif de l’article 11 du décret médecine. Les étudiants estiment que celui ci ne tient pas compte de nombreux aspects de leur parcours et qu’il nuirait au bon déroulement du cursus de la majorité. Dans ce cadre, ils soulèvent la nécessité de prendre part à la mobilisation qui aura lieu le mercredi 7 mars à Bruxelles.
Dans le cadre de cette manifestation, et au-delà de notre interpellation au ministre de l’enseignement supérieur, nous nous dirigerons vers le cabinet de la ministre Onkelinx, responsable au fédéral de la limitation des numéros INAMI, pour lui rappeler que nous sommes tous inquiets de la manière dont vont se dérouler les événements de ces prochaines années et lui annoncer qu’il est urgent que soit mis en place une structure de réflexion sur le sujet qui nous permette d’inclure les étudiants et de les informer efficacement.

Un cortège partira du campus de Woluwé (station de métro « Alma ») ce mercredi 7 mars à 13h00. Le rendez vous aura lieu sur la place Martin V, devant les restaurants universitaires et le cercle MéMé. Nous invitons tout les étudiants de l’UCL à se joindre à nous pour défendre la mise en place de mesures cohérentes avec l’avis des étudiants.

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