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L'AGL rejoint le mouvement "Tout autre chose"

« Tout Autre Chose » est un mouvement citoyen qui est né en décembre 2014, il est le pendant francophone de « Hart Boven Hard » en Flandre. Le but de ce mouvement est de remettre en question les politiques d’austérité mises en place actuellement par la plupart des gouvernements européens et l’idée qu’il n’y aurait pas d’alternative à ces mesures. Tout Autre Chose se veut être un mouvement citoyen démocratique et participatif, l’idée est de rassembler tous les membres de la société civile (aussi bien le monde culturel, syndical et associatif que des citoyens interpellés) afin d’initier une réflexion commune sur les alternatives existantes et les actions de solidarité possibles.

C’est un mouvement politique mais bien a-partisan, sa logique de fonctionnement est horizontale et l’idée est de donner des outils pour permettre au citoyen de se réapproprier certaines questions politiques. Tout Autre Chose s’est doté de 12 balises qui constituent les valeurs communes au mouvement et de 10 horizons qui constituent les objectifs du mouvement.

Tout Autre Chose a été rejoint par de nombreux citoyens (plus de 10 000) et associations (dont la FEF qui inscrit sa campagne « Un tout Autre Enseignement » au cœur de cette dynamique). Les visions développées par Tout autre chose rejoignent celles votées par le Conseil AGL dans sa note «un refinancement public pour un enseignement démocratique et émancipateur». Des combats menés sont parallèles aux nôtres, puisqu’ils veulent remettre en question l’austérité comme horizon (les coupes budgétaires dans l’enseignement découlent de l’austérité qui l’étrangle), donner la possibilité aux citoyen-e-s d’être acteur-trice-s de la délibération publique et du changement politique (l’objet de l’AGL est aussi de susciter l’engagement, et celui de l’UCL de former des CRACS, citoyen-ne-s responsables, actif-ve-s, critiques et solidaires).

Biens communs par et pour tous

Peu à peu, la recherche du profit a envahi toutes les sphères de nos vies, jusqu’à instrumentaliser la nature et l’être humain… L’économie devrait être la gestion de notre environnement et des ressources au profit de notre bien-être commun. Repensons les bases de notre système économique pour permettre de considérer des richesses telles que la recherche, l’enseignement, la santé, la culture ou le sport comme des biens communs, des investissements à préserver, en vue de l’émancipation de toutes et tous.

Nous souhaitons entamer la lutte contre le tout-au-profit qui ronge nos sociétés et donner la priorité à une économie réelle, sociale, ancrée dans les communautés humaines, ouverte aux solidarités et à la coopération.

Justice fiscale

Travailleurs avec ou sans emplois, indépendants, entreprises, familles… Toutes et tous, nous devrions contribuer au bien-être collectif à travers les impôts, les taxes et les cotisations sociales. Comment se fait-il qu’une poignée d’entreprises ne participent pas à cet effort commun alors qu’elles bénéficient abondamment des services de l’État ? On estime l’évasion fiscale des 1000 plus grandes entreprises présentes en Belgique à 13 milliards d’euros ! Comment expliquer aux plus faibles d’entre nous qui voient leurs allocations rognées qu’on ne réclame aucun effort aux plus riches ?

Nous souhaitons la justice fiscale, qui passe par une lutte efficace contre l’évasion fiscale, une harmonisation européenne, un juste partage des efforts entre capital et travail et une incitation à des comportements plus respectueux de la planète.

Une place pour chaque génération

La cohésion d’une société se mesure à sa capacité à donner une place à chacun et chacun, quel que soit son âge. Cessons de considérer jeunes et vieux comme des coûts et investissons dans leur bien-être ! Faisons de l’accès de tous les enfants et les jeunes à l’enseignement, à la culture et au sport l’une de nos priorités. Garantissons un accueil de qualité pour les tout-petits. Les aînés ont une place dans notre société sur base d’autre chose que de leur force de travail. A l’heure où le partage du temps de travail est une nécessité, l’allongement des carrières à 67 ans est non seulement un leurre, mais aussi contre-productif.

Nous souhaitons réinvestir dans Tout Autre Chose : la rencontre, la culture, le contact humain… tout ce qui fait de nos vies une richesse plutôt qu’un coût.

Solidarité contre la pauvreté

Comment accepter que dans un pays aussi riche que la Belgique, une personne sur sept vive en situation de risque de pauvreté, voire une personne sur trois parmi les parents seuls avec enfants, dont la majorité sont des femmes ? Que la pauvreté des enfants ait doublé ces dernières années ? Comment concevoir que 1% de la population possède le quart de nos richesses? Les inégalités ne sont pas une fatalité. Et la recherche a montré combien elles coûtent cher : santé, insécurité, chômage sont autant de domaines qui coûtent plus cher dans les pays les plus inégalitaires. Eradiquer la pauvreté n’est pas la responsabilité des pauvres mais de toute la société. Cela aura bien sûr un coût, qu’on estime à 1,5 milliards d’euros. Ce coût ne représente pourtant que le quart des 6 milliards d’euros que nous payons chaque année en déduction d’intérêts notionnels. Des mesures existent, qui passent par l’augmentation des minima sociaux et la limitation des hauts revenus.

Nous souhaitons faire de l’éradication de la pauvreté une vraie priorité politique !

Un travail digne

Au cours des 50 dernières années, notre productivité a explosé. Si le nombre total d’heures de travail a diminué en Europe, ce travail est de plus en plus mal réparti. D’un côté, des travailleurs de plus en plus mis sous pression, des heures supplémentaires à n’en plus finir et, maladie de notre temps, la multiplication des burn-out, avec toutes les conséquences économiques, sociales et personnelles qui s’ensuivent. De l’autre, des temps partiels imposés et des chômeurs de longue durée, qui ne parviennent pas à s’insérer sur le marché du travail et doivent affronter la stigmatisation permanente. Et, pour les femmes, une infériorisation qui se maintient dans la durée : 43% de temps partiels et un écart salarial moyen de 15%. Face à ces défis, on voudrait nous faire croire que la chasse aux chômeurs est la solution la plus efficace. Mais depuis quand poursuivre les chômeurs crée-t-il des emplois ? Assurer un emploi digne à chacun et, dans le même temps, lui permettre d’exercer ses responsabilités familiales, de se consacrer à ses loisirs et de participer à la vie citoyenne ne représente pas qu’un coût. Une fois de plus, c’est un investissement dans le bien-être qui permettra de diminuer les dépenses de notre sécurité sociale !

Nous souhaitons repenser collectivement le temps de travail.

Un cadre de vie épanouissant

Plus que jamais, nos villes et nos villages se bigarrent. Des gens issus des quatre coins du monde habitent aujourd’hui en Belgique, quelle richesse ! Mais quelles chances ont-ils de se rencontrer ? Entre voiture, télévision et vastes centres commerciaux impersonnels, quels villes et villages construisons-nous aujourd’hui ? Nos villes sont désormais pensées pour attirer touristes et investisseurs plutôt que pour garantir le bien-être de leurs habitants ! Il nous faut réinventer les cadres de vie, pour garantir la transition écologique et énergétique. Pour permettre la rencontre. Pour garantir l’accès de toutes et tous aux services publics, aux commerces, à la nature… Pour donner accès à un logement digne à toutes et tous. Nous, citoyens, devons reprendre notre droit à la ville en nous réappropriant l’espace public. Tout autre chose est possible !

Valorisons notre diversité !

Notre société est constituée d’un ensemble de nationalités, de langues, de religions et de personnes d’origines diverses. Pourtant, chacun est soi-même tout en étant pareil aux autres. Chacun, chacune est le produit de son histoire, de ses origines, de son statut d’homme ou de femme, de son orientation sexuelle… Chacun de nous a de multiples identités, et tous ensembles, nous avons la chance d’être super-divers !

Nous souhaitons une société sans xénophobie ni racisme, une société avec des droits égaux, quelles que soient l’origine, la couleur de peau, la religion ou l’affinité sexuelle, une société super-diverse où l’égalité est assurée mais les différences sont reconnues, où la distinction entre eux et nous n’aurait plus sa place.

Eco c’est logique !

C’est une évidence et pourtant nous faisons comme si de rien n’était : nous avons dépassé les limites de notre planète… Face à cela, nous entendons nos dirigeants à tous les niveaux de pouvoirs nous répondre que la priorité, c’est de relancer l’économie pour créer de l’emploi, et qu’on s’occupera ensuite de l’environnement. Et si c’était justement ce modèle économique, le problème ? Osons engager la transition écologique et sociale! Le profit des entreprises ne gagnerait-il pas à servir des finalités de service à la collectivité et aux citoyens ? À améliorer la vie de tous, à offrir plus d’emploi de qualité ? Changeons nos façons de produire et de consommer ! Favorisons les alternatives économiques. Des alternatives économiques existent déjà, coopératives citoyennes, associations… nous ambitionnons de les multiplier et d’assurer leur développement. Luttons réellement contre les monopoles de quelques grandes entreprises, en particulier dans le domaine de l’énergie ! Des dizaines de milliers d’emplois peuvent être créés rapidement rien que dans les domaines de la rénovation énergétique, des réseaux électriques intelligents, des énergies renouvelables et des transports publics.

Nous souhaitons remettre notre planète au cœur de nos préoccupations.

Citoyens sans frontières

« On ne peut pas accueillir tout la misère du monde ! » Une ritournelle tellement entendue qu’on en oublie de dire que ce que nous accueillons, c’est aussi sa richesse ! Ce ne sont pas les migrants mais la situation d’irrégularité dans laquelle ils sont enfermés qui favorise le dumping social. C’est pourquoi la régularisation des sans-papiers, la scolarisation et la non-discrimination face à l’emploi sont des enjeux fondamentaux pour toute la société. Cessons d’avoir peur de nous-mêmes ! Cessons de nous cacher derrière des murs assassins !

Nous souhaitons accueillir pleinement les migrants dans nos sociétés, tout en luttant contre toutes les causes de migrations forcées, dont une partie trouve son origine dans les pratiques de nos propres pays.

Osons la démocratie !

« Il n’y a pas d’alternative aux politiques actuelles. » La démocratie se limite-t-elle à élire des dirigeants tous les cinq ans pour constater que les politiques qu’ils mettent en œuvre varient de tonalité plutôt que d’orientation ? Avec des mesures telles que le Traité budgétaire européen, nos dirigeants se sont enfermés dans un carcan qui nous pousse vers l’abîme. Avec le projet de Traité transatlantique, ils risquent bien de fermer définitivement la porte aux alternatives. Nous disons non ! La démocratie nécessite le débat, dans la Cité et dans l’Entreprise. Elle a aussi besoin de créativité. Créons les conditions de ce débat, en mettant en place des espaces où les citoyens peuvent réellement discuter des orientations qui sont prises, en renforçant le dialogue social. Un cap doit être donné : créer une économie au service des citoyens, assurer la justice sociale et respecter les limites de la planète. A l’intérieur de ce cap, bien d’autres choses sont possibles.

Nous souhaitons sortir de la pensée unique et remettre la créativité et le débat au cœur de nos démocraties.

Développons la solidarité internationale !

À force de vouloir préserver son îlot de richesse au milieu d’un océan de pauvreté, à force d’avoir peur de son avenir, notre Europe n’est elle-pas en train de se couper du monde ? Cessons de nous recroqueviller sur nous-mêmes ! Posons-nous, dans chacune de nos décisions, la question de son impact sur ceux qui nous entourent, de près mais aussi de loin !

Assurons la solidarité internationale et mettons enfin en œuvre notre engagement à consacrer 0,7% de nos revenus aux pays en développement ! Mettons fin aux politiques commerciales qui détruisent nos emplois pour les remplacer par des travailleurs (et la plupart du temps des travailleuses…) aux conditions de vie indigne. Harmonisons par le haut les systèmes sociaux en Europe et créons les conditions d’une protection sociale universelle !

Nous souhaitons remettre la solidarité au cœur de nos politiques internationales, plutôt que les intérêts des quelques multinationales.

Garantissons nos droits et libertés fondamentaux !

Nous tenons à notre sécurité, mais celle-ci est trop souvent prétexte à des atteintes à nos libertés et droits fondamentaux. Nous voulons assurer les conditions de leur exercice effectif. Ces conditions sont avant tout politiques, économiques et sociales. Mais la garantie de nos droits et libertés repose aussi sur l’existence d’un appareil judiciaire indépendant – libre de toute pression -, efficace – délais raisonnables, décisions exécutées -, disposant de moyens suffisants et accessible à chacun et chacune. Elle doit s’appuyer sur une politique répressive qui traite avec la même sévérité la délinquance financière et les autres crimes et délits. Elle exige enfin une politique pénitentiaire respectueuse de la dignité humaine et orientée prioritairement vers la réinsertion sociale.

Nous souhaitons un système judiciaire indépendant et impartial, garant de nos droits et libertés fondamentaux.

Un quadri à l'AGL en chiffres et en projets

2 campagnes

La première sur l'accessibilité à l'enseignement supérieur. Le constat est implacable : l'université n'est toujours pas accessible à tous les jeunes qui ont l'envie et la motivation d'entreprendre des études. L'AGL a donc mobilisé les étudiants afin de débloquer l'accès à l'enseignement et faire respecter les acquis du décret Wendy. La campagne a été marquée par un rassemblement le 13 octobre et un cortège funèbre le 17 novembre à l'occasion de la journée mondiale des étudiants. La campagne, menée en collaboration avec la Fédération des étudiants francophones a permis de mettre la question de l'accessibilité au premier plan médiatique et politique.

La seconde sur l'esprit critique et citoyen au sein des cursus. Si l’accessibilité au savoir est un enjeu de société, le contenu des cours en est également un. A l'heure où nos sociétés connaissent une multiplicité de crises, il est indispensable que les étudiants disposent des outils leur permettant de comprendre et d'agir sur le monde. Un test évaluant les connaissances citoyennes des étudiants de première année a été réalisé et plus de 1200 signatures ont été récoltées pour le manifeste réclamant un enseignement critique et émancipateur.

3 Conférences et plusieurs séances d'info

En collaborations avec nos partenaires du Cesec, du kot citoyen, du BDE espo, et de la NASA, l'AGL a participé à l'organisation de plusieurs conférences : « Que faire avec mon argent ? » et « Accord de gouvernement, à prendre ou à laisser ? ». Le 29 septembre nous avons également eu le plaisir d’accueillir la philosophe Judith Butler dans le cadre du cycle de conférences « société en changement » organisé en collaboration avec l'institut de recherche IACCOS.

L'AGL a également organisé une rencontre citoyenne sur la question des sans-papiers, une séance d'information sur les droits et devoirs en examen, une autre séance a été organisée sur les changements qu'apporte le décret Marcourt. Un festival des Commissions s'est également déroulé afin de présenter tous les projets qu'elles mettent en place.Et bien sur, l'AGL a siégé dans les multiples organes de l'UCL où elle était invitée.

Des victoires

Anticipations : Le décret paysage ne permettait plus aux bisseurs de première bac qui avaient réussi moins de 27 crédits d'anticiper des cours de l'année supérieure. Une action rapide des représentants étudiants a permis de faire revenir le ministre Marcourt à la raison.

Fontaines à eau : Lors du CA de novembre, la proposition portée par la délégation étudiante d'augmenter le nombre de fontaine à eau dans les halls d'auditoires a été acceptée.

Salubrité des logements : Grâce à l'action des étudiants, 45 000 € ont été débloqués pour lutter contre l'insalubrité dans les logements.

Mobilité : L'AGL a réagi lors de la mise en place du nouveau plan de transport de la SNCB. Suite à cette démarche, la SNCB a décidé de rajouter un train supplémentaire sur la ligne Arlon – Bruxelles le dimanche ! Il y aura donc un train de plus pour rejoindre LLN pour les étudiants de la province du Luxembourg.

Plus de locaux en blocus : c'est toujours le même problème. En blocus et en examen, les bibliothèques sont bondées. Cette année, l'AGL s'est particulièrement mobilisée pour augmenter le nombre de locaux ouverts : Cette année 28 locaux sont ouverts pour accueillir les étudiants

160 Recours traités

Deux jours de grèves et une manif pour les INAMI

Le 03 octobre, les doyens des facultés de médecine annonçaient que seul 50 % des médecins et 60 % des dentistes n'obtiendront pas de numéro au terme de leur cursus. L'AGL a soutenu financièrement, politiquement et sensationnellement les étudiants de médecine afin de leur permettre d'obtenir un numéro INAMI pour tous.

Un bal FOLK

Sur la place des voisins à l'occasion des 24h vélo

4 Conseils et une AG

L'organe souverain de l'AGL où siège tous les représentants étudiants élus au niveau de l'université. L'occasion pour le comité de faire son rapport, de voter des positions, de débattre de l'actualité de l'enseignement. L'AGL a également organisé une AG suite à l'accord de gouvernement fédéral.

14 réunions du Comité de l'AGL (durée moyenne 6 heures :-) )

157 descentes d'auditoires Et 24 stands

et... 534 tasses de cafés (Parce que la vie est toujours plus chouette avec une grande tasse de chaud café !)

C'est également l'occasion pour nous de remercier tous nos partenaires : les cercles, les kaps, les régionales et leurs représentants, la FEF, Action INAMI, l'UCL (sauf pour les coupes dans le budget social), la ville, et tous ceux avec qui nous avons travaillé !

Envie de nous rejoindre au deuxième quadri ? N'hésites pas à nous contacter en nous Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. !

NUMÉROS INAMI : Première victoire étudiante, le combat continue !

L'annonce faite par les doyens des facultés complètes de médecine le 3 octobre a fait l'effet d'un coup de tonnerre dans les auditoires. Seul un étudiant sur deux en dernière année de médecine et de dentisterie obtiendrait un numéro INAMI, l'indispensable sésame pour exercer la médecine curative. Sept années d'études pour rien, le résultat d'une politique de planification médicale menée à vue de nez au détriment des étudiants, des patients et de l'accès aux soins de santé.


Dès l'annonce de cette décision injuste, les étudiants se sont mobilisés pour obtenir ce à quoi ils avaient légitimement droit. En répondant à l'appel de la rue, ils ont réussi à mettre la question des numéros INAMI à l'avant plan médiatique et à l'agenda politique. Le 8 octobre, c'est plus de 5 000 étudiants qui défilent dans les rues de la capitale. Face à la faiblesse des réactions, le mouvement prend de l'ampleur. Le vendredi 24 octobre, réunis lors d'une AG, les étudiants de dernière année de l'UCL décident de rentrer en grève le lundi suivant. Ils seront suivis le vendredi 30 octobre par l'ensemble de la faculté de médecine et dentisterie de l'UCL ainsi que par les étudiants de dernière année de l'ULg et de l'ULB. Lors de ces journées, les étudiants envahissent les rues de la capitale, sensibilisent la population à l'absurdité de la situation : alors que la Belgique connait une pénurie de médecins, des quotas fixés à l'aveugle les empêchent d'exercer la profession à laquelle ils se préparent depuis 7 ans. Le soutien de la population est total. En quelques jours, c'est plus de 30 000 pétitions qui sont récoltées par les étudiants de l'UCL. Les actions ne se déroulent pas seulement sur les campus, les étudiants en stage mènent des actions dans les hôpitaux et sensibilisent les patients. D'autres actions sont mises en place pour maintenir la pression. Le 20 novembre, un mur de syllabus, représentant les efforts fournis par les étudiants, accueille les doyens lors de leur rencontre avec Maggie de Block. Début décembre, une action carte postale est lancée afin de maintenir la pression durant les fêtes.

Si aujourd'hui, chaque étudiant en cours de cursus est assuré d'obtenir un INAMI au terme de ses études, c'est en grande partie grâce à ces actions qui ont mis en avant la situation absurde et dramatique dans laquelle se trouvaient les étudiants de médecine. Si celle-ci ont pu connaitre le succès qu’on a pu constater, c'est grâce à un important travail de préparation d'étudiants et d'organisations qui ont accepté de se mettre au service de tous. Ces jours de lutte ont constitué une formidable aventure humaine qui marquera durablement les étudiants qui y ont pris part.

La fin de la prise en otage des étudiants en médecine ne doit pas nous faire oublier qu'il reste de nombreux débat à mener et qu'il appartient aux étudiants à les mettre à l'ordre du jour.

La mobilisation des étudiants a donc partiellement payé. Mais la solution promue par les politiques va-t-elle résoudre le problème? Malheureusement non.

Premièrement, l’accord trouvé entre Maggie de Block et Jean-Claude Marcourt ne donne aucune solution pour le financement des places de stage. En fin de MA4, les étudiants accèdent à leur spécialité et débutent leurs années de stage. Mais dans un contexte de sous-financement structurel, il est de plus en plus difficile d’assurer l’ouverture de places de stage pour tous les étudiants. La crainte est encore plus forte pour la double cohorte prévue en 2017-2018 : cette année, le nombre de numéros INAMI sera doublé, il faut donc trouver un financement pour assurer le double de places de stage. L’accord ne prévoit rien en ce sens.

L’accord trouvé (la permission pour les Doyens d’aller chercher dans la prochaine planification de quotas INAMI 2020-2028 les numéros nécessaires pour garantir à tout étudiant actuellement en cours de cursus l’obtention d’un numéro INAMI – le fameux «lissage négatif» – ; en échange d’une sélection drastique à l’entrée qui reste à déterminer) ne fournit ensuite pas de réponse structurelle à la planification et l’organisation des soins de santé, il ne fait en réalité que déporter le problème de quelques années. C’est le débat de la planification des études de médecine qui risque d’être refermé, alors que le contingentement actuel a déjà montré ses limites.

  • Un premier élément est que la limitation d’accès aux numéros INAMI durant les études, décidée en 1997, se basait sur l’argument que «l’offre crée la demande», c’est-à-dire qu’on estimerait que l’augmentation du nombre de médecins en activité augmenterait les dépenses en soins de santé. Cette hypothèse n’a jamais pu être prouvée scientifiquement ! On limite donc actuellement l’accès aux spécialisations et au métier, sans avoir aucune certitude des bienfaits de cette mesure pour la population. Au contraire : en 1997, notre système de soins de santé (à ce moment là non contingenté) était un des moins chers d’Europe…
  • Un second élément est que cette limitation à l’accès à la spécialisation (à la suite de l’enseignement) est décidée par le fédéral. Or, l’enseignement est une compétence communautaire. La Cour constitutionnelle n’a jamais eu à se poser la question de savoir si l’exercice par le fédéral d’une compétence communautaire ne violait pas la répartition des pouvoirs dans notre État fédéral…
  • Un troisième élément est que cette situation ne règle toujours pas le problème d’inégalité et de discrimination entre étudiants dans une université belge et médecins formés à l’étranger. Ces derniers reçoivent un numéro INAMI au moment de leur installation sur le marché du travail, c’est une formalité administrative pour eux, alors que pour nous, c’est une limitation basée sur des quotas. Cette discrimination resterait dans la solution prônée.
  • Un quatrième élément est que la planification centralisée (décidée au niveau fédéral, et pas répartie par zone géographique) ainsi organisée ne permet pas de réguler les disparités de pénurie locales, particulièrement pour les médecins généralistes. Le système actuellement en place ne permettra pas d’éviter que les régions les moins fournies en généralistes voient leur situation s’améliorer rapidement.
  • Un cinquième problème est que la limitation d’accès qui va être mise en place dès le début des études va demander qu’on planifie le nombre de quotas très longtemps à l’avance. Pour la médecine générale par exemple, on devra évaluer à l’avance quel sera l’état des besoins de la Belgique en médecins généralistes dans 9 ans. Or, les évolutions des besoins de la population sont très peu prévisibles à moyen terme :  les évolutions dans les technologies médicales, les évolutions plus larges dans la pratique médicale, les épidémies et les maladies nouvelles liées notamment à la dégradation de l'environnement et à l'augmentation du stress, la féminisation, les réductions de temps de prestation… sont des facteurs qu’on ne sait pas prévoir précisément à aussi long terme. Planifier aussi tôt à l’avance les besoins de la population, c’est jouer avec la santé de la population !


En dehors de ces éléments factuels, se pose un problème éthique, essentiellement dû à notre enseignement secondaire, le deuxième le plus inégalitaire de l’OCDE. La limitation à l’entrée de l’accès à la médecine pose problème à la fois socialement (de nombreux étudiants se verront barrer l’accès aux études de médecine simplement parce qu’issus de milieux défavorisés, ils n’ont pas bénéficié du capital social ou d’une assez bonne formation secondaire), et en plus, elle n’est pas prédictive (parmi eux, de nombreux étudiants auraient été capables de les réussir ; et les tests à l’entrée ne permettent pas de distinguer les qualités de futur bon médecin puisqu’ils seront nécessairement basés sur les compétences acquises par le passé).

Pourtant, d’autres solutions avaient été proposées. On peut citer notamment les prises de position du GBO, du MODES, de Santhea, des FMM et de la FEF proposant une planification alternative de l’offre médicale, organisée après la fin des études et des spécialisations et au moment de l’installation du praticien sur son lieu de travail. Malheureusement, aucun acteur politique parmi ceux formant les différentes majorités n’a actuellement daigné s’y attarder.

On l’a vu, la solution ouverte ici fournit enfin une solution à la prise d’otage des dernière années. Mais elle est aussi le signe d’un grand échec politique, celui de n’avoir pas pu sortir chacun de ses sensibilités propres et des réflexes corporatistes. La solution proposée est un abandon devant la force des lobbys de médecins, dont les intérêts convergent pour l’instant avec ceux de certains responsables académiques, que le sous-financement chronique de notre enseignement étrangle.

Dans le contexte actuel, il était urgent avant tout de trouver une porte de sortie. Nous ne pouvons qu’espérer que la fin de la prise d’otages sera avant tout la porte ouverte à un réel débat sur l’organisation des études de médecine et de l’offre médicale. Nos étudiants en ont besoin, leurs futurs patients encore plus.

Accord du gouvernement fédéral : retour de l'assemblée générale

Réunis lors d’une Assemblée générale convoquée par les représentants étudiants de l’AGL, les étudiants de l’UCL présents ont débattu de l’accord du gouvernement fédéral. Lors de sa réunion du 4 novembre, le Conseil, l’organe souverain de l’AGL, s’était engagé à l’unanimité à respecter les décisions prises lors cette AG.

Les étudiants présents ont décidé de réclamer :

  • Un refinancement des Communautés afin de permettre un refinancement de l’enseignement à la hauteur de ses besoins

De 2002 à 2012, le financement de l’enseignement supérieur par tête d’étudiant a chuté de 16% du fait d’un système de financement à enveloppe fermée et du sous-financement des Communautés. En découlent une diminution des possibilités d’encadrement des établissements et un enseignement dont la qualité et l’accessibilité baissent chaque année.
Lors de la dernière réforme de l’État, les Communautés ont reçu la compétence des allocations familiales, mais pas l’ensemble des moyens financiers qui vont avec. Elles sont encore plus exsangues…
L’accord gouvernemental ne prévoit pas de refinancement des Communautés.

  • Un numéro INAMI pour tous les étudiants en médecine

Alors que la pénurie est désormais objectivée par des chiffres, et qu'on annonce qu'elle va aller en s'aggravant de plus en plus, on refuse aux étudiants de pouvoir obtenir un numéro INAMI, sésame leur permettant de se spécialiser et exercer plus tard la médecine curative.
A moins de 15 jours de la date-butoir lors de laquelle ils doivent définitivement choisir leur spécialité, les étudiants de dernière année en médecine doivent préparer leur "mammouth", méga-examen reprenant la matière de leurs 4 années de master, dans une situation d'incertitude la plus totale, ayant en plus appris cette semaine une nouvelle modification de leur procédure de sélection. Et la tension n'est pas moins grande en dentisterie...
Les négociateurs savaient qu’une solution au problème devait être trouvée et que la N-VA était le parti le plus radical en la matière, mais n’ont rien inscrit dans l’accord de gouvernement.

  • Une intensification de la lutte contre la fraude et l’évitement fiscal ainsi qu’une véritable progressivité dans l’impôt des entreprises ; la diminution des charges sur les PME

La Belgique a un problème fiscal : la répartition de la source des moyens finançant nos services publics est inégale et repose très fortement sur le travail. Des mécanismes d’évitement fiscal sont prévus par notre législation qui permettent aux plus grandes entreprises de ne payer aucun impôt (tandis que les plus petites contribuent fortement) ; et la fraude fiscale est très élevée chez nous selon de nombreuses estimations.
L’accord gouvernemental ne prévoit pas de grosses corrections de ces problèmes, qui pourraient pourtant refinancer notre État et donc éviter les coupes austéritaires qu’on connaît aujourd’hui.

  • Une politique de développement durable ambitieuse

Les défis environnementaux qui nous attendent sont de taille, et l’Etat fédéral peut fortement y contribuer. Les mesures que le nouveau gouvernement prône notamment en matière nucléaire ou de transport public (voir ci-dessous) ne semblent pas y répondre.

  • Des emplois de qualité pour les jeunes, en opposition à l’idée de flexibilisation des jobs étudiants

L’accord gouvernemental parle de flexibiliser les jobs étudiants pour les rendre plus souples. Les possibilités de précarisation vont augmenter du fait de la diminution des règles de protection.
Il faut au contraire pouvoir garantir que les emplois pour les jeunes soient de qualité et permettent une bonne sécurité du travail.

 

Ils s’opposent également à :

  • la suppression de la politique scientifique fédérale

Le service public Belspo sera supprimé ; les pôles d’attraction interuniversitaires, programmes de collaboration interuniversitaires d’excellence et souvent bicommunautaires, définancés. De nombreux programmes de recherche seraient impactés également à l’UCL
La science ne connaît pas de frontières linguistiques et le financement de programmes de recherche à l’échelle nationale est un enjeu scientifique crucial.

  • la prolongation des centrales nucléaires

Pour assurer l’approvisionnement énergétique de notre pays, les deux plus vieilles centrales nucléaires (Doel 1 et Doel 2) verraient leur activité prolongée de 10 ans renouvelables.
Des événements assez récents ont montré le danger potentiel du recours massif au nucléaire et la possibilité de nos états de s’en désengager progressivement (l’Allemagne l’a fait). C’est dans ce sens que nous estimons que la politique énergétique devrait aller.

  • la facilitation des procédures pour l’extraction du gaz de schiste

Le gouvernement se propose de diversifier les sources d’approvisionnement en énergie et de faciliter les procédures d’utilisation d’énergie alternative. Parmi ces énergies «alternatives» se trouve le gaz de schiste, une source qu’il faut extraire avec des méthodes particulièrement polluantes.

  • la réduction du financement des services publics et plus particulièrement les transports publics et la culture

Pour atteindre un équilibre budgétaire, le gouvernement va définancer drastiquement de nombreux services publics. La SNCB perdrait 2,1 milliards d’euros (suppression de lignes, impacts sur les Go-pass…), des institutions culturelles fédérales seraient impactées, le budget de la santé serait diminué de 3 milliards…
Les pouvoirs publics rendent des services à la population, qu’il faut savoir financer mais qui sont essentiels pour notre bien-être et le bon développement de notre société.

  • l’augmentation du départ de l’âge à la retraite

L’âge maximal de départ à la retraite passerait progressivement de 65 à 67 ans pour financer les pensions.
Ça aurait un impact sur les jeunes (diminution du nombre d’emplois disponibles, ceux-ci étant gardés plus longtemps par des travailleurs âgés), mais aussi en termes sanitaires.
En Belgique, l’espérance de vie en bonne santé est de 65 ans en moyenne. Des personnes malades devraient donc travailler plus longtemps.

  • la limitation des allocations d’insertion pour les jeunes de plus de 25 ans

L'accord gouvernemental fédéral prévoit de passer de 30 à 25 ans l'âge maximum auquel on peut avoir droit à une allocation d'insertion, un revenu de remplacement prévu pour favoriser l’accès au premier travail des jeunes.
Vu qu’il faut un an de "stage d'attente" avant de pouvoir percevoir une allocation d'insertion, et qu’un jeune qui n'a pas pris de retard dans ses études les finit aux alentours de 22-23 ans pour le supérieur de type long ; des jeunes ayant connu des problèmes de parcours ou s'étant réorientés, ayant ainsi retardé la fin de leurs études d'au moins un an, démarreront leur stage d'attente à 24 ans et le termineront à 25. Ils se retrouveront donc sans aucune ressource de remplacement dans le cas où l'état du marché du travail ne leur aurait pas permis de trouver un emploi dans l'année.

 

L’AGL respectera sa parole et soutiendra ces positions. Comme demandé par les étudiants présents, elle participera aux actions du 8 et du 15 décembre. Des actions de sensibilisation seront entreprises afin d’informer les étudiants de l’UCL. L'AGL est fière d'avoir organisé une assemblée générale et de mettre en place des modes de décision participatifs, qui permettent l'implication du plus grand nombre.

Mobilisations dans le cadre journée internationale de l'étudiant

Ce lundi 17 novembre, dans toutes les villes de Belgique et de nombreux pays du monde entier, les étudiants se mobilisent pour un enseignement de qualité pour tous ! À l'UCL, nous aussi.


Pourquoi donc ?

Le ministre MARCOURT a annoncé à plusieurs reprises sa volonté de ne pas reconduire le gel du minerval, et veut même l'augmenter. Il souhaite également mettre un test d'auto-sélection à l'entrée de toutes les filières ainsi que couper dans les budgets alloués à l'enseignement supérieur. Et il ne propose pas de refinancement véritable de l'enseignement ou de budget pour résorber la pénurie de logement.

En Flandre, la situation est tout aussi critique puisque la ministre compte augmenter le minerval de 600 €. La FEF et la VVS se mobilisent donc contre ces projets.
L'AGL les rejointe et déplore le fait que Jean-Claude Martcourt enterre l'accessibilité de l'enseignement plutôt que l'améliorer. Nous allons donc défiler en mode "enterrement" dans les rues de LLN, ainsi que participer aux actions organisée à Mons et à Bruxelles.

Plutôt que le programme austère du ministre, revendiquons :

  • Le gel du minerval jusqu'en 2025
  • Le refus des tests d'auto-sélection à l'entrée
  • Le financement de la gratuité des supports de cours pour les boursiers

L'UCL aussi doit agir :

  • Il y a toujours une pénurie de logement, nous avons besoin de construire davantage de logements UCL, pour forcer l'amélioration de leur salubrité et la diminution de leur coût
  • Pour diminuer le coût d'une année d'étude, il est important que les livres de cours (bien chers) soient transformés en syllabus.

Débloquons l'accès à l'enseignement ! Ce 17 novembre, journée internationale des étudiants, faisons entendre notre voix dans tout le pays!

Infos pratiques :

Louvain-la-Neuve :
Rendez vous dès 12h45 Place Montesquieu (départ du cortège à 13h00)
Ramène tes plus beaux habits d'enterrement !
[Évènement facebook]

Mons :
Rendez vous à 12h au parking de la HE Condorcet
[Évènement facebook]

Bruxelles (Wolu et St-Gilles) :
Rendez-vous 14h30 Place Stéphanie