UCL : Des mineures supprimées, le système menacé?

Article mis à jour le 1er janvier
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Le 15 décembre 2011, lors du Conseil de l’Enseignement et de la Formation (CEFO), un point sur les mineures a été mis à l’ordre du jour à la demande du collège des Directeurs Administratifs de Faculté (DAF). Ces derniers ont fait part au CEFO de difficultés organisationnelles liées aux mineures. En effet, certaines facultés étant sous-financées, elles ne disposent plus de l’entièreté du staff administratif nécessaire pour assurer toutes leurs fonctions, dont gérer l’aspect administratif des mineures (coordonner les horaires des cours, des examens et la dispersion des inscriptions).

Pour pallier à ces problèmes les DAF ont proposé d’une part de développer plusieurs mesures de soutien académique, jugées très pertinentes par l’AGL. Mais d’autre part, et c’est là que le bât blesse, ils ont proposé de « diminuer l’offre des mineures », en d’autres termes, en supprimer.

En ligne de mire de ces propositions de suppression des DAF, se trouvent les mineures en études anglaises, sciences de l’éducation, études hispaniques, sciences biomédicales, études françaises, sciences du médicament, études latines, études grecques, études anciennes, chimie, culture scientifique, statistiques et bio-ingénieur soit ni plus ni moins qu’un cinquième des mineures accessibles aux étudiants de l’UCL.

Les étudiants de l’AGL qui siègent au CEFO se sont opposés à cette mesure estimant que même s’il s’agit des mineures qui comptent le moins d’inscrits, il est important qu’elles restent en place et ce pour trois principales raisons :

– La première est que si ces mineures sont peu fréquentées, c’est en raison de restrictions qui affectent leur accès, telles que des conditions d’admission, l’exigence d’une lettre de motivation ou encore un accès ouvert seulement aux étudiants issus de certaines facultés bien précises. Beaucoup d’étudiants qui souhaiteraient s’y inscrire en sont donc empêchés, ou sont dés-incités par des barrières administratives.

– La seconde raison est que les mineures sont un atout important de notre université. De nombreux étudiants ont choisi notre institution notamment pour son projet de mineures, qui permet d’introduire l’interdisciplinarité dans nos formations. S’il y a bien un projet qu’il ne faut pas détricoter mais améliorer, c’est bien le projet des mineures. L’AGL (et une bonne partie des membres du CEFO) est d’ailleurs demandeuse d’une réflexion à ce sujet.

– Enfin la troisième raison est qu’à l’heure actuelle, aucun signe ne laisse penser que les problèmes financiers de l’UCL et des facultés (et de l’enseignement supérieur en général) vont s’améliorer à court ou à moyen terme. Il en découle que si aujourd’hui, un cinquième des mineures est supprimé pour des raisons budgétaires, il y a tout lieu de penser que demain, lorsque les facultés feront à nouveau face à des problèmes budgétaires, on propose de supprimer à nouveau un cinquième des mineures avec les mêmes raisons. Car les arguments et le contexte seront les mêmes. Si nous acceptons une détérioration de la qualité de notre enseignement pour des raisons budgétaires aujourd’hui,  nous ne trouverons pas de nouvelle raison demain pour nous opposer à d’autres suppressions. C’est une logique dans laquelle il est sage de ne pas entrer.

Le Conseil de l’enseignement n’a pas pris position sur la suppression de ces mineures. Toutefois, il y a des chances que celles-ci soient supprimées au niveau des facultés au travers des commissions de programme. Il y a également une volonté de fusionner certaines mineures, ce qui revient à en supprimer car la moitié des cours de chacune ne seront plus accessibles.

L’AGL désapprouve ces suppressions de mineures. D’une part car les mineures constituent un des principaux leviers de l’UCL pour promouvoir la flexibilité des programmes et surtout l’interdisciplinarité. L’interdisciplinarité qui est une des bases de l’esprit critique et de la formation citoyenne, deux objectifs phares de l’enseignement de l’UCL. Il serait donc paradoxal d’en diminuer la présence au sein des cursus. D’autre part, il existe d’autres pistes pour résoudre le problème du manque d’encadrement administratif. Au sein de l’UCL, il est possible de faire le choix d’augmenter la part de budget allouée à l’enseignement. L’UCL présente en effet un budget en positif. Les problèmes budgétaires des facultés pourraient ainsi être en bonne partie résolus. A un niveau plus macro, notre institution pourrait également demander plus vigoureusement aux autorités politiques une hausse de son allocation de financement. Ces deux pistes auraient comme avantage de ne pas mettre en cause notre modèle d’enseignement.

Le manque de ressources financières allouées à l’enseignement se manifeste déjà dans l’offre des mineures. En effet, la faculté de Psychologie a décidé suspendre l’organisation de la mineure d’initiation à la psychologie pour faire des économies budgétaires. Fini donc la possibilité d’une ouverture poussée à la psychologie pour tous les autres étudiants de l’UCL ! La décision en PSP constitue un précédent et ouvre une brèche dans laquelle les autres facultés pourraient avoir la tentation de s’engouffrer. A noter que la faculté de psycho, lors d’une récente réforme pédagogique, a également décidé de remplacer la mineure accessible à ses étudiants par différents cours disciplinaires et 15 crédits de cours au choix.

C’est au cours de l’année 2005-2006 que l’UCL a lancé pour la première fois cet ambitieux projet des mineures, qui a formé avec succès plusieurs générations d’étudiants de l’UCL. Plutôt que d’en réduire le nombre aujourd’hui pour pallier à des problèmes budgétaires, l’AGL propose à l’UCL de faire le choix d’allouer les budgets nécessaires à l’enseignement, afin d’en garantir la qualité1. Elle salue également l’initiative du Pro-Recteur à l’enseignement de l’UCL de lancer un groupe de réflexion sur les mineures et  espère que celui-ci aboutira avec succès.

Nous avons créé un groupe Facebook spécialement sur ce sujet. Viens y participer à la discussion et échanger ton point de vue. Toutes les infos et pistes d’actions à propos des mineures y seront abordées.

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