Vers une moyenne CASA ?

 

Une « moyenne Casa « ?!

 

Une personne/m²… Tel est la norme officielle que les salles d’animation sont censées appliquer. Ce chiffre en tête, dire que la problématique de la surpopulation lors des soirées estudiantines ne date pas d’hier serait un euphémisme! Une certaine tolérance ou devrais-je plutôt dire une tolérance certaine des autorités permet à l’animation, au sens large, de dépasser ce seuil. Mais la tolérance a des limites et celles-ci semblent avoir été atteintes pour que les autorités, d’abord communales et universitaires ensuite, décident de se saisir du problème, il y a quelques années déjà. En mai 2005, le CASE[1] (Conseil des Affaires Sociales et Etudiantes) décidait de la création d’un groupe de travail sur la problématique du surnombre dans les salles d’animation. Nous sommes en 2009 et le problème est apparemment toujours d’actualité.

 

Pourtant, l’équation de base semble plutôt simple, tout comme sa solution: s’il y a trop peu d’espace, à défaut de pouvoir empêcher les étudiants de sortir (je me permets d’exclure d’emblée cette solution), il faut ajouter de l’espace, beaucoup d’espace! Tout en étant conscient des nuisances que peut engendrer la guindaille aux alentours du lieu d’animation. Depuis 2005, une chose au moins a changé : un potentiel lieu de guindaille répondant à ces conditions s’est libéré : l’ancienne poste (également ex-Ciaco)! Pas celle de la Grand Place que le Comité Citoyen espère toujours voir réouvrir, mais celle de la Place des Sciences. Anciennement occupée par les sans-papiers, elle présente deux avantages majeurs. Premièrement, elle offre un espace confortable pour servir de « dévidoir » à l’animation estudiantine. Deuxièment, elle est idéalement située pour concentrer les nuisances déjà engendrées par la petite et la Grande Casa (petite Casa aussi appelée Coq Hardi). Le nom serait d’ailleurs tout trouvé, entre la petite et la grande Casa s’ouvrirait bientôt la moyenne Casa…

 

Cette brillante idée mise sur papier, il fût temps de la soumettre aux premiers concernés par l’ouverture de cette nouvelle salle d’animation : les étudiants. Et c’est ici que les choses se compliquent. Non parce que les étudiants seraient des emmerdeurs de première toujours prompts à râler même lorsque on leur propose une salle d’animation en plus, mais parce la réalité décrite plus haut n’est pas si simple que cela!

 

Je m’explique. On pourrait d’abord fustiger l’hypocrisie de cette fameuse norme d’une personne/m². Celle-ci met en effet hors la loi une petite casa remplie de couples amoureux s’enlaçant tendrement dans un confortable espace d’un mètre carré par couple. Deux personnes par mètre carré, la salle « supporterait » le double de la population permise! L’objet de cet article n’est certainement pas de remettre en cause l’aspect sécuritaire de la guindaille, mais bien l’aspect hyper-sécuritaire frôlant la paranoïa dans ce cas-ci.

 

Le constat des étudiants sur la surpopulation de salles d’animation est différent  de celui des autorités. Certes, la sécurité des guindailleurs est une priorité pour tous. Mais mise de côté cette norme absurde d’une personne par mètre carré, les vrais problèmes de surpopulation des salles d’animation ne se posent que ponctuellement, c’est à dire, en début et fin d’année et les jeudis soirs quasi exclusivement. Je défie quiconque de trouver la grande Casa surpeuplée du lundi au mercredi soir en milieu de quadrimestre!

 

. Si cette moyenne Casa semble être la seule et meilleure solution, elle ne l’est pas forcément. A-t-on été au bout de la réflexion pour les autres pistes proposées par les différentes délégations étudiantes des dernières années ?

 

Au minimum, cette proposition des autorités universitaires – aussi louable soit-elle – posent de nombreuses questions : si cette salle devait finalement appartenir à un ou plusieurs collectifs étudiants, qui gèrerait quotidiennement cette salle et en payerait le loyer? Qui financerait les 200.000€ nécessaire à son aménagement? Quid du pôle culturel de l’animation qui lui aussi manque cruellement de salles?

 

A l’heure où les autorités universitaires essayent de diminuer le budget animation pour avoir plus de moyens pour les aides sociales, la piste proposée fera certainement grincer des dents… Après avoir augmenté continuellement les coûts liés aux aspects sécuritaires de l’animation, on finit par reprocher à l’animation de coûter trop cher ! Une moyenne CASA ? OK, mais entendons-nous bien : ce n’est pas pour répondre à une demande étudiante, mais bien communale et universitaire face au « problème » de la surpopulation.

 

Magnery Marc

 

 


[1] CASE n°75

Add a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *

1 × four =